L’ACO souffle ses 120 bougies : comment les motos se sont intégrées à la légende
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L’ACO souffle ses 120 bougies : comment les motos se sont intégrées à la légende

Cette année, l’ACO fête ses 120 ans. Si le passé de l’association reste évidemment liée à l’automobile, comme son nom l’indique, les autres moyens de locomotions populaires n’ont jamais été oubliés par ses fondateurs. Georges Durand, premier secrétaire général de l’ACO, désirait défendre les usagers de la route, et cela concernai ceux qui possédaient une motocyclette au début du XXe siècle. Au fil du temps, les motos ont elles aussi eu une importance capitale sur le rayonnement du Mans.

L’histoire commence dès 1912, avec les premières courses de deux roues disputées en Sarthe. Suivent les Grands Prix de l’Union Motocycliste de France (UMF), également tenus au Mans. Seulement, le long circuit d’un peu plus de 17 kilomètres était principalement constitué de l’immense ligne droite des Hunaudières, qui s’étendait, à l’époque, de l’épingle de Pontlieue jusqu’à Mulsanne. Le parcours adopté pour le premier Grand Prix d’Endurance de 24 Heures n’est pas adapté aux motos, encore moins aux petites cylindrées. L’ACO a pourtant fait courir des 500cc sur le grand circuit à l’occasion du Critérium International de Vitesse, mais l’inauguration d’un nouveau complexe en 1966 change la donne : le Bugatti, plus court, sied parfaitement aux motards.

Un vent nouveau

Le Mans profite désormais d’un tracé capable d’accueillir d’autres courses majeures dans l’année. La Formule 1 l’investit assez rapidement, en 1967, mais pour une seule représentation. Le Championnat du monde des Grands Prix motocyclistes, fondé en 1949, est également intéressé. C’est ainsi qu’en 1969, le Grand Prix de France moto est de retour au Mans pour la première fois depuis 1929, mais avec des moyens plus conséquents, et surtout, des légendes à la pelle. Ángel Nieto, Santiago Herrero et Giacomo Agostini sont de la partie, ce qui ne manque pas de ravir les fans en tribunes. Le GP de France moto désormais géré par l’entreprise PHA de Claude Michy, est devenu un incontournable du calendrier MotoGP, attirant plus de 310 000 spectateurs tous les ans. Au total, le Bugatti a accueilli les stars mondiales à 38 reprises, et sans discontinuer depuis 2000.

L’endurance n’est jamais très loin. Après tout, Le Mans reste indissociable des 24 Heures. Bien sûr, l’endurance existe aussi sur deux roues, et ce, depuis très longtemps. En 1922, Eugène Mauve crée le fameux Bol d’Or, première course de 24 heures organisée en France, réservée aux voitures de petites cylindrées et aux motos. Après des années de résidence à Saint-Germain-en-Laye, puis à Linas-Montlhéry, le « Bol » débarque au Mans en 1971, toujours sur le Bugatti. Il faut dire que le terrain avait été préparé dès 1969, avec l’organisation des 1000 km du Mans.

  • Le départ des 24 Heures Motos 1978, un grand moment.
  • La Honda RCB de 997cc de Christian Léon et Jean-Claude Chemarin, les deux premiers vainqueurs des 24 Heures Motos 1978.
  • Le départ des 24 Heures Motos 1978, un grand moment.
  • La Honda RCB de 997cc de Christian Léon et Jean-Claude Chemarin, les deux premiers vainqueurs des 24 Heures Motos 1978.
  • Le départ des 24 Heures Motos 1978, un grand moment.
  • La Honda RCB de 997cc de Christian Léon et Jean-Claude Chemarin, les deux premiers vainqueurs des 24 Heures Motos 1978.
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Le départ des 24 Heures Motos 1978, un grand moment.

Le succès de la course est grandissant, notamment à cause de la popularisation des motos japonaises. À l’époque, l’Europe découvre les Honda, Yamaha, Kawasaki et Suzuki, marques qui allient moteurs nouveaux, fiabilité exemplaire, et looks d’enfer. C’est un véritable raz-de-marée, et la France n’échappe pas au phénomène, d’autant plus que la société exacerbe le mouvement : après mai 68, un souffle de liberté et d’émancipation bouscule la jeunesse, qui voit en la moto un moyen de s’affirmer, voire, de se rebeller. Le Bol au Mans s’inscrit parfaitement dans cet âge d’or.

D’ailleurs, les firmes japonaises commencent également à s’imposer sur les circuits ; depuis la victoire de Honda-Japauto au Bol d’Or 1972, aucune marque européenne n’a plus jamais triomphé sur cette épreuve mythique, jusqu’à maintenant.

Les 24 Heures Motos, plus qu’une course

Désireux de vouloir organiser sa propre épreuve, l’ACO passe la vitesse supérieure en 1978. Avec le concours de Moto Journal, l’association crée les 24 Heures Motos, qui succèdent au Bol d’Or en Sarthe. Le nom est limpide, et fait directement référence aux 24 Heures du Mans. C’est un succès immédiat ; là aussi, les constructeurs japonais ont la mainmise sur une course qui fait la part belle aux aventures humaines. Les équipages français au départ sont nombreux, c’est donc l’occasion pour le public de se passionner pour les héros de l’hexagone qui écrivent l’histoire, tels que Christian Léon, Jean-Claude Chemarin, Alex Viera, Grégory Leblanc, Vincent Philippe, et bien d’autres.

Des filiations naturelles se tissent au fil du temps. Si on a une Suzuki dans son garage, alors on supporte le SERT (Suzuki Endurance Racing Team), créé en 1981 et basé au Mans. Si on préfère Yamaha, on soutenait le GMT94, et désormais le YART. Chaque marque japonaise est solidement installée dans le paysage, et l’équipe exploitante française, souvent la même depuis des décennies, devient une sorte d’institution liée au constructeur. C’est pareil pour les formations privées, qui reviennent à chaque fois pour se mesurer à la légende. National Motos Honda, par exemple, s’est engagée sur 48 des 49 éditions disputées jusqu’à maintenant.

  • Alex Viera et Grégory Leblanc, cinq succès chacun, sont les deux plus grands vainqueurs de l'histoire des 24 Heures Motos.
  • Un numéro, c'est une histoire. Traditionnellement, le #11 est utilisé par l'équipe Kawasaki.
  • Alex Viera et Grégory Leblanc, cinq succès chacun, sont les deux plus grands vainqueurs de l'histoire des 24 Heures Motos.
  • Un numéro, c'est une histoire. Traditionnellement, le #11 est utilisé par l'équipe Kawasaki.
  • Alex Viera et Grégory Leblanc, cinq succès chacun, sont les deux plus grands vainqueurs de l'histoire des 24 Heures Motos.
  • Un numéro, c'est une histoire. Traditionnellement, le #11 est utilisé par l'équipe Kawasaki.
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Alex Viera et Grégory Leblanc, cinq succès chacun, sont les deux plus grands vainqueurs de l'histoire des 24 Heures Motos.

Comme son penchant automobile, la course est une fête dédiée aux motards. Le Bol d’Or, lui, poursuit son aventure au Castellet avec un succès équivalent. Un championnat rassemblait les deux classiques, qui comptait également, au programme, les 24 Heures de Spa-Francorchamps et les 8 Heures de Suzuka. C’est encore le cas de nos jours avec le Championnat du monde d’endurance moto FIM EWC, à la seule différence que les pilotes s’affrontent dans les Ardennes pendant huit heures, et non plus vingt-quatre.

Les 24 Heures Motos ouvrent traditionnellement la saison d’endurance, et attirent chaque année plus de 70 000 spectateurs. Grâce à elles et aux 24 Heures Camions, qui, elles aussi, font déplacer les foules depuis 1981, le Bugatti a aidé à l’Automobile Club de l’Ouest à passer dans une autre dimension, celle des organisateurs multicasquettes les plus reconnus. La moto, cousine de la voiture, a clairement joué un rôle prépondérant dans cette histoire longue de 120 ans.

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