Photo : Arnaud CORNILLEAU - ACO/Nikon
Les 24 Heures du Mans demeurent depuis 1923 comme étant le plus impitoyable des laboratoires pour les constructeurs automobiles. Ce constat est encore plus de mise cette année avec l’accent donné par deux grandes marques alignant chacun deux prototypes hybrides. Plus que jamais la course des 24 Heures du Mans évolue en symbiose avec son temps.
L’Hybride au centre des débats
Quatre prototypes de catégorie LM P1 prendront le départ des 80e 24 Heures du Mans propulsés par des moteurs hybrides. Et ces quatre voitures sont le fruit des travaux de deux des trois plus grands constructeurs automobiles mondiaux. Entre Audi et Toyota, l’enjeu se résume simplement : qui imposera pour la première fois une telle motorisation au terme des 24 Heures du Mans ?
Le géant japonais a relevé le gant du tenant du titre et alignera deux machines entièrement neuves baptisées TS 030 Hybride. Audi, qui reste sur deux victoires de suite dans la Sarthe, travaille aussi ardemment sur cette technologie et a demandé l’engagement de deux R18 ainsi propulsées. Néanmoins, la marque allemande alignera deux autres LM P1, R18, évolutions de la voiture victorieuse en 2011.
La bataille qui se profile entre Audi et Toyota perpétue la grande tradition mancelle des duels impitoyables sur deux tours d’horloge. L’histoire retiendra néanmoins que c’est l’écurie suisse Hope Racing qui engagea en 2011 le premier prototype hybride aux 24 Heures du Mans ; une équipe qui revient de nouveau cette année mais est encore inscrite sur la liste des suppléantes.
Des outsiders mieux armés que jamais par les géants japonais
Pour venir s’immiscer dans le grand duel qui se prépare, d’ambitieuses écuries ne manquent pas d’arguments. Et ces arguments sont en partie délivrés par les grands constructeurs nippons. La présence de deux toutes nouvelles Honda Performance Development ARX 03a engagées par les équipes JRM et Strakka Racing peut mettre le feu aux poudres dans le peloton de tête. En 2011, lors de son baptême de la compétition, un exemplaire de cette voiture avait terminé deuxième des 12 Heures de Sebring, se battant de bout en bout parmi les meilleurs Diesel Peugeot et Audi. Forts de pilotes d’expérience (à commencer par David Brabham, ancien vainqueur des 24 Heures du Mans), d’une grande connaissance de la discipline et d’un moteur au brio certain : ces deux prototypes ont le potentiel pour s’immiscer dans la lutte en tête. Avec Toyota officiellement de retour après douze ans d’absence et qui soutient en plus Rebellion en tant que motoriste (mais avec des moteurs classiques) ; avec la présence de Mazda auprès du Dyson Racing, performante écurie américaine effectuant son retour avec, parmi ses pilotes Guy Smith, vainqueur en 2003 ; avec l’implication toujours plus importante de Honda engageant deux machines redoutables et le soutien réaffirmé de Nissan auprès de Signatech en LM P2, les constructeurs japonais démontrent une fois de plus leur attachement aux 24 Heures du Mans.
Pescarolo voit double
De retour en 2011 avec une seule voiture, l’écurie d’Henri Pescarolo s’alignera cette année avec deux prototypes dans la catégorie reine. Depuis 1996, à l’exception notable de 2009, cette équipe a toujours évolué aux avant-postes, que ce soit avec des châssis Courage comme les siens propres ou une 908 HDi FAP Peugeot. L’année dernière, un excellent résultat s’entrevoyait avant une sortie de route fatale suite à un orage soudain alors que la place de sixième tendait les bras à l’équipe renaissante. Cette année, Pescarolo Team engage deux machines : la toute nouvelle Pescarolo 03-Judd et une Dome à moteur Judd pour le compte du constructeur japonais. Cette dernière est une évolution de celle vue au Mans en 2010. Enfin, le OAK Racing aligne de son côté une LM P1 sur base Pescarolo qui est une évolution de la voiture engagée l’année dernière. Une voiture qui effectua une fin de saison en trombe en 2011 et qui, bien pilotée, avance aussi des arguments impressionnants.
Les trois plus grands constructeurs mondiaux au départ
Grâce à ses catégories LM P et GTE, le règlement des 24 Heures permet aux plus grands constructeurs automobiles de trouver le parfait accord avec leurs velléités sportives et commerciales. Ainsi Audi, Toyota et Morgan – de retour aussi – privilégient directement la catégorie des prototypes alors que Corvette, Ferrari, Porsche et Aston Martin s’engagent officiellement et directement en LM GTE par le biais d’équipes satellites. Au Mans cette année s’affronteront directement les trois plus importants constructeurs mondiaux à fin 2011 : GM (par le biais de Corvette), VAG (grâce à Audi) et Toyota.