24h Le Mans
15/07/2019 - 14:43

MissionH24 : Quand une voiture hydrogène était en pole aux 24 Heures du Mans

Il y a un mois, le 15 juin 2019, à 14h 42, sur la grille de départ des 24 Heures du Mans, un prototype ''hydrogène'' figurait posté devant le plateau des concurrents de la 87e édition. Quelques minutes avant le début de la classique de l'endurance, il bouclait un tour. Revivez-le en images et grâce au témoignage du pilote.
MissionH24 : Quand une voiture hydrogène était en pole aux 24 Heures du Mans

A 14h42, ce 15 juin 2019, l’hydrogène était en pôle position au Mans ! Voilà un mois, à quelques minutes du départ de la 87e édition des 24 Heures, la LMPH2G, prototype de compétition à propulsion électrique-hydrogène exploité par l’ACO et GreenGT dans le cadre de leur joint venture MissionH24, a bouclé un tour de circuit à l’invitation des organisateurs. Elle a ainsi démontré une nouvelle fois à quel point sa technologie constitue l’une des solutions les plus prometteuses de la transition énergétique appliquée à la mobilité et aux compétitions d’Endurance. Pour toute l’équipe d’exploitation de MissionH24, cette démonstration était l’occasion de récolter un supplément d’informations, afin de préparer l’introduction d’une catégorie réservée aux véhicules électrique-hydrogène lors des 24 Heures du Mans 2024.

Aux commandes de la LMPH2G, son pilote de développement, Olivier Lombard détaillait alors : « La LMPH2G ouvre la piste aux prototypes de toutes marques qui s’engageront en 2024 aux 24 Heures du Mans en catégorie électrique-hydrogène. Pourtant, si elle introduit une rupture technologique majeure avec les voitures actuelles, il y a un domaine où elle reste une voiture de course comme les autres : un tour ne lui suffit pas pour donner la pleine de mesure de son potentiel ! Quand on s’élance après avoir longuement stationné en haut de la ligne de départ comme nous l’avons fait ce samedi après-midi, tout est froid, à commencer par les pneus qui n’atteignent leur niveau optimal d’adhérence qu’au tiers du tracé de 13,626 km. Mais cela n’avait pas d’importance aujourd’hui car nous faisions un tour de démonstration, pas un tour de course ou de qualification ! J’ai déjà pris dans ma carrière de pilote trois fois le départ des 24 Heures du Mans en course, mais ce départ-là avait une saveur particulière : je partais en pole-position virtuelle, la pole-position de l’hydrogène ! Ce tour était très singulier puisque je me suis élancé seul, sans autres sons que ceux du groupe motopropulseur électrique-hydrogène et des bruits aérodynamiques provoqués par le passage de l’air sur la carrosserie –ce que l’on n’entend jamais avec une voiture à moteur « normal » et qui, au Mans, en particulier dans les Hunaudières, prend une nouvelle dimension. MissionH24 a eu, le temps d’un tour, pendant un peu plus de 3 minutes, le privilège de disposer en exclusivité du plus mythique circuit du monde ! Personne devant, personne dans les rétroviseurs. Un plaisir égoïste, mais avant tout une séance de travail. Chaque kilomètres sur la piste du Mans est, pour l’équipe de développement d’un prototype technologiquement si novateur que la LMPH2G, l’occasion de collecter de l’information à tous niveaux : châssis, aérodynamique, et bien sûr groupe motopropulseur électrique–hydrogène. Aujourd’hui, je ne suis pas parti pour un tour le coude à la portière, mais avec une liste de paramètres à surveiller, à travailler. Quand je suis au volant, je dois optimiser chaque tour de roue et engranger de l’info sur l’auto, servir le programme de développement décidé par l’équipe technique. A l’arrivée ? Le plaisir d’avoir pu travailler mais la frustration de ne pas avoir pu enchaîner quelques tours supplémentaires pour montrer aux millions de téléspectateurs qui recevaient les images à ce moment là, tout le potentiel actuel de la LMPH2G ! ».

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