24h Le Mans
10/04/2017 - 16:00

Baptême du feu à Silverstone pour l’un des plus excitants trio de la LMP2 !

Mélange d’expérience, de jeunesse et de passion, le trio de l’écurie TDS pourrait réserver quelques bonnes surprises cette saison. Emmanuel Collard explique pourquoi.
Baptême du feu à Silverstone pour l’un des plus excitants trio de la LMP2 !

Parmi les équipages nouveaux venus en LMP2, celui formé par les vainqueurs 2016 du Trophée FIA Endurance LMGTE Am ne passe pas inaperçu. Sans doute à cause de la réputation d’Emmanuel Collard et de la trajectoire de François Perrodo. Il faut dire que l’alliance du « pro » au palmarès des plus fournis et de « l’autodidacte » à la progression fulgurante a fait des étincelles au cours des saisons écoulées, spécialement la dernière avec un titre à la clé. Titre qui n’a pas, cependant, était le déclencheur du passage en catégorie LMP2.

« Nous ne nous sommes pas dit, ça y est nous sommes champions et nous pouvons passer à autre chose, prévient Emmanuel Collard. Le déclencheur, c’est les 40 ans de François (Perrodo) cette année ! Après 4 ans de GT, Il s’est dit que ça n’allait pas être à 50 ans qu’il allait tenter l’aventure du proto. Comme il y a cette année la nouvelle réglementation avec les nouvelles voitures valable 4 ou 5 ans, il s’est dit que c’était maintenant ou jamais. Il veut essayer, voir comment ça se passe et, si c’est trop difficile, revenir au GT. L’objectif, c’est de faire comme en GT : partir de zéro et progresser pour faire des résultats dans les saisons qui viennent. Il a montré ce qu’il savait faire en GT, et c’est une étape logique ! »

Logique, mais loin d’être facile car les nouvelles LMP2 demandent un niveau de pilotage et de forme physique ne laissant guère de place à l’improvisation.

« François prend son temps, souligne le pilote qui est aussi le « coach » et l’ami. Il écoute, il apprend bien et vite. Pour réussir à faire en 4 ans ce que nous avons fait l’an passé, il faut que le type soit doué. Là, c’est vrai, ça va être plus dur. Le niveau est plus élevé, avec une majorité de pilotes professionnels, mais je suis sûr qu’il va en surprendre plus d’un avant la fin de l’année. Pour quelqu’un qui n’a jamais fait de monoplace, qui n’a jamais fait de sport-proto, il s’en sort déjà très bien. Il a la bonne démarche et, surtout, il ne se prend pas pour un autre. Gagner le championnat l’an passé ne lui a pas tourné la tête. Il fait beaucoup d’efforts pour être au niveau. Malgré son travail, il s’entraine à fond car pour bien rouler là-dedans, il faut être au top physiquement. Les premiers tests se passent bien. Je ne dis pas que tout est parfait mais il s’est bien adapté. Il y a progrès à faire mais c’est bien compréhensible quand tu vois les engins que sont devenus les LMP2. Ce n’est pas que ça pousse tant que cela, mais c’est qu’il y a beaucoup d’appui et que c’est collé au sol. Les vitesses de passage en courbe sont vraiment vites. Personnellement, j’ai retrouvé les mêmes sensations qu’en LMP1 il y a 7 ans avec la Pesca ! »

J'ai retrouvé les mêmes sensations qu’en LMP1 il y a 7 ans avec la Pesca !
Emmanuel Collard

Pour compléter leur équipage, les deux complices et l’écurie TDS qui aligne la voiture se sont tournés vers l’un des tous meilleurs espoirs français du moment qui, comme un certain nombre malheureusement, a dû tourner le dos à la monoplace par manque de financement.

« Mathieu Vaxivière est un jeune bourré de talent que le manque de budget à brider en monoplace. C’est un très vite qui n’a pas eu la chance d’appartenir à une filière. Comme en F1, ils se tournent désormais vers des gamins, il est préférable pour lui, malgré ses 22 ans seulement, d’envisager l’endurance. Pour nous, c’est bien de l’avoir, et c’est bien pour lui d’être là. Il a signé la pole de la LMP2 au Prologue et ce n’est pas passé inaperçu. Il est là, il est vite et ça peut intéresser un constructeur à l’avenir. Pour lui, ce n’est pas une perte de temps ! »

En fin de semaine, pour le coup d’envoi du Championnat du Monde FIA d’Endurance (WEC), le talent du jeune homme ne sera pas de trop pour aider l’écurie à passer avec les honneurs ce test « grandeur nature » que vont être de bien des points de vue les 6 Heures de Silverstone.

« Débuter à Silverstone n’est pas facile, souligne « Manu ». Nous n’avons pas encore roulé sur des circuits avec ce type de grandes courbes rapides, et les muscles du cou vont souffrir. Bon, nous sommes bien préparés malgré tout car nous commençons à bien cerner la voiture après trois séances d’essais. Ce qui serait top, ça serait de se faire un podium d’ici à la fin de l’année. Ça dépend de nous ! »

Crédit photo : Vision Sport Agency/ACO