24h Le Mans
05/06/2019 - 14:30

24 Heures du Mans - Le B.A. BA : la course (3)

Comme tout participant à une compétition sportive, les 62 concurrents des 24 Heures du Mans doivent se conformer à des règles : les règlements technique et sportif. Le premier concerne les voitures et leurs équipements, tandis que le second s'attache aux pilotes et au déroulement de la course, évoquée dans cet article.
24 Heures du Mans - Le B.A. BA : la course (3)

Il est bien évident qu'il est impossible de boucler les quelque 5 000 km et être classé sans faire le plein de carburant ou changer de pneumatiques et que des incidents peuvent émailler les 24 heures de course.

Les arrêts-ravitaillements

Les pilotes doivent s'arrêter devant leur stand sans dépasser les 60km/h autorisés et couper le moteur avant toute intervention. Si les mécaniciens peuvent changer les roues et procéder au ravitaillement en carburant en même temps, ils ne peuvent réparer la voiture, sauf intervention mineure comme un changement de capot par exemple, dans la voie des stands où leur nombre est limité à quatre. La voiture est alors poussée dans son garage et toute l'équipe peut participer, sachant que pendant la course, tout changement de moteur, de châssis ou de boîte de vitesses est interdit.

Bon à savoir : Le nombre de pneumatiques est limité, selon les catégories, à la fois pendant les essais et pendant la course à l'exception des enveloppes utilisées pour la pluie. Il est donc important pour les concurrents de bien gérer leur dotation et les pilotes sont priés de ne pas être trop agressifs sur les vibreurs afin d'éviter les crevaisons !

La neutralisation de la course

Plusieurs procédures sont à la disposition de la direction de course lorsqu'un incident se produit sur la piste selon la gravité et les conséquences de celui-ci.

  • SLOW ZONE

S'il s'agit d'un incident mineur comme une voiture en panne non dangereuse, le directeur de l'épreuve va instaurer une SLOW ZONE: la vitesse est limitée à 80 km/h et les dépassements sont interdits sur cette portion, mais la course reprend ses droits sur le reste du tracé.

Bon à savoir : Le circuit est divisé en 35 zones de 300 à 500 mètres chacune.

  • Full Course Yellow (FCY)

Nouveauté cette année, le circuit est entièrement placé sous régime de drapeau jaune, donc interdiction de doubler, et la vitesse est limitée à 80 km/h, mais les voitures de sécurité n'entrent pas en piste. Cette procédure permet notamment de nettoyer d'éventuels débris sur la piste.

Bon à savoir : Sous régime FCY, l'accès à la voie des stands est fermé. Il est donc théoriquement impossible de ravitailler. Pour éviter qu'un concurrent ne tombe en panne d'essence, il peut tout de même ravitailler pendant cinq secondes, mais il devra impérativement repasser par son stand dès la fin de la procédure. De même en cas de crevaison, le compétiteur peut changer le ou les pneus endommagés, mais devra rejoindre une nouvelle fois la voie des stands dès que le drapeau vert est agité.

  • Voiture de sécurité

Etant donné la longueur du circuit, trois voitures de sécurité sont positionnées le long de la piste, prêtes à entrer en piste lorsqu'une SLOW ZONE ne suffit pas. Le pilote doit impérativement se ranger derrière la première voiture de sécurité qu'il rencontre et il est formellement interdit de doubler un concurrent, a fortiori la voiture de sécurité elle-même.

Bon à savoir : Dès l'entrée en piste des voitures de sécurité, le feu passe au rouge au bout de la voie des stands. Jusqu'à présent, les concurrents entrés dans la voie des stands avant le début de l'intervention et bloqués au feu rouge devaient attendre le passage des trois voitures de sécurité et de toutes les voitures en piste avant que le feu ne passe au vert. Désormais, si le feu est vert, ils pourront rejoindre la piste jusqu'à ce que la deuxième voiture de sécurité arrive.

Photos : La voiture de sécurité en piste ; les voitures entrent dans une SLOW ZONE pendant la Journée Test.

Le classement

Pour qu'une voiture soit classée, elle doit : 

  • franchir la ligne d’arrivée sur la piste lorsque le drapeau à damier est présenté, sauf cas de force majeure à l’appréciation des Commissaires Sportifs ;
  • avoir couvert une distance au moins égale à 70% de la distance couverte par la voiture classée 1ère au classement général ;
  • après 75 % du temps de course : avoir parcouru au moins 50 % de la distance couverte par la voiture en tête de la course sous peine de mise hors course ;
  • parcourir son dernier tour en moins de 6 minutes (ligne de départ/arrivée-ligne de départ/arrivée ou boucle de sortie des stands-ligne de départ/arrivée), sauf en cas de force majeure à l’appréciation des Commissaires Sportifs. Pour éviter la terrible désillusion de Toyota en 2016, une pénalité est désormais appliquée en cas de dépassement du temps imparti. La TS050 Hybrid de Kazuki Nakajima de tête, tombée en panne à l'entame du dernier tour, n'avait pas été classée bien qu'elle ait franchi la ligne d'arrivée car elle avait dépassé le délai maximum ;
  • ne pas s'arrêter en bord de piste en attendant le drapeau à damier.

Bon à savoir : Depuis 2012, les 24 Heures du Mans sont intégrées au Championnat du Monde d'Endurance (FIA WEC) avec un barème de points spécifique eu égard à la longueur de la course.

Particularité : Les 24 Heures du Mans 2019 clôturent la Super Saison 2018/2019 du championnat au cours de laquelle les concurrents auront disputé le double tour d'horloge manceau à deux reprises.

Premier épisode : les voitures

Deuxième épisode : les pilotes

Photo de couverture : Les mécaniciens de la Corvette C7.R n°64 sont à pied d'oeuvre pour un arrêt-ravitaillement pendant la Journée Test.