24h Le Mans
Le 06/09/2017 17:30

Sébastien Loeb du Mans à Lohéac…

Le Mans-Lohéac, un peu plus de deux cents kilomètres séparent ces deux ‘’spots’’ phares du sport automobile, extrêmement populaires. L’endurance règne sur le premier, au début de l’été, le rallycross sur le deuxième, à la fin de l’été. Deux mondes, si loin si proches, que certains ont expérimenté, comme Sébastien Loeb, en tant que pilote, Andreas Roos, comme ingénieur avec Audi, Patrick Morisseau, comme directeur de course ou des commissaires, qui officient au Mans et à Lohéac… Tour à tour, ils nous livrent leur expérience de ces deux mythes en France.

Sébastien Loeb du Mans à Lohéac…

Deuxième aux 24 heures du Mans 2006, sur une Pescarolo, le Français s’est classé 2e dimanche dernier, à Lohéac, avec sa Peugeot 208, lors de la manche française du championnat du monde de rallycross (WRX).

Une chose ne change pas entre Le Mans et Lohéac, Sébastien Loeb reste l’attraction ! Le Français qui avait créé l’émeute lors de son arrivée au Mans, lors de la journée Test des 24 Heures en 2005, était, le week-end dernier, le centre d’intérêt des 75 000 spectateurs venus en Ille-et-Vilaine. Pour le pilote, « l’exercice en terme de concentration est complètement différent. Le WRX est le sprint absolu et Le Mans, l’endurance. Pour l’un, tu pars pour un peu plus de deux minutes de course, pour l’autre pour 2 h 30. Dès le départ en rallycross, il s’agit de prendre tous les risques. L’adrénaline, l’intensité sont au max. On réagit au dixième de seconde, au milieu des autres concurrents. Il fait très chaud dans la voiture, d’autant que le moteur rayonne pas mal et qu’il n y a pas d’entrée d’air pour éviter que la poussière n’entre dans l’habitacle. On transpire très fort, un bon coup ! 

En endurance, la concentration peut sembler moins intense mais est nécessairement plus longue. L’effort physique n’a rien à voir. Tu ne te bats pas de la même façon avec tes concurrents. Pendant 24 heures, idéalement, tu fais ta course, en évitant les autres, et tu essaies de suivre, tour par tour, un rythme optimal. A certains endroits du circuit, comme par exemple dans la ligne droite des Hunaudières, tu sais que tu peux boire, contrôler tes écrans. » Avant quelques instants plus tard de plonger à 240 km/h dans les virages Porsche.

De son apprentissage en endurance puis en rallycross, le nonuple champion du monde des rallyes relève deux notions qu’il a dû apprendre à maîtriser. « L’appui aérodynamique des prototypes m’avait impressionné. Sous la pluie, dès mon premier essai avec la Pescarolo, je m’étais fait une sacrée chaleur. Je m’étais dit "wouah c’est brutal quand on perd la voiture." »

Dans sa Peugeot 208 WRX, « une voiture pas si éloignée d’une WRC, avec quelques chevaux en plus (550 chevaux pour la 208 WRX), » la ‘’brutalité’’ en piste, le contact avec les concurrents l’a surpris. « En endurance, tu dois tenir. En WRX, tu dois y aller, assumer une prise de risques majeure. Regarder devant, derrière, avec la poussière, ne rien lâcher, gérer la pédale d’accélérateur. Avec des pneus qui ont un fonctionnement assez flou, du fait de la surface mixte des circuits de rallycross, mais qui m’ont agréablement surpris. C’est viril en course entre les concurrents, mais nous nous respectons. On ne tente pas de trucs tordus. Si des infractions sont relevées, des pénalités peuvent être infligées par la direction de course. Les voitures doivent être fiables, même si nous ne réalisons pas de kilométrage important (soixantaine), et surtout solides en cas de touchettes. »

Seul dans sa machine, en endurance et en WRX, Sébastien Loeb appréhende la stratégie différemment. « Les arrêts au stand au Mans occupent plus les nuits des ingénieurs que les nôtres » rigole le Français qui avoue pourtant n’avoir pas dormi la veille des 24 Heures. « Ca m’arrive rarement. C’était le stress des 24 heures ! » En rallycross, en lien radio avec son spotter, perché sur une structure qui domine le circuit (moins de 2 km en rallycross contre plus de 13 km au Mans), il construit son plan de course, l’improvise, l’adapte aussi beaucoup. En WRX, pas de pit stop mais un tour joker pour pimenter le déroulé de l’épreuve. Et la question : quand faut-il prendre le tour joker? « Tout dépend si je suis devant, qui il y a derrière moi, comment il se situe par rapport au tracé… Autant d’informations que je demande à mon spotter, tellement l’action est intense en quelques minutes de course. Le spotter me fait une rapide analyse de la situation, joue le rôle de mon rétroviseur actif. Sans doute que cela vient du rallye, mais je suis beaucoup moins gêné par quelqu’un qui me parle dans le casque pour me donner toutes les infos dont j’ai besoin plutôt que de bouger les yeux partout. C’est ainsi que je le ressens. »

Le Mans ou Lohéac en rallycross, quel circuit ou quelle discipline a été la plus délicate pour performer à haut niveau? : « Le Mans, je dirais. Aller chercher les derniers dixièmes pour moi, en circuit, face à des habitués de la monoplace, c’était chaud. » 

Photo : D.R / Red Bull Content Pool & ACO

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