24h Le Mans
30/08/2013 - 10:30

Quand Ayrton Senna songea au Mans

Le regrett
Quand Ayrton Senna songea au Mans

A l’heure où commencent les essais des 6 Heures de São Paulo WEC, rappelons qu’Ayrton Senna s’était laissé tenter par l’endurance au tout début de sa carrière en F1.

Dimanche 3 juin 1984 – Ayrton Senna se révèle au volant d’une modeste Toleman en terminant 2ème du GP de Monaco.

Dimanche 17 juin 1984 – Henri Pescarolo remporte sa 4ème et dernière victoire au Mans avec une Porsche 956 de Joest Racing.

Dimanche 15 juillet 1984 – Les deux hommes sont réunis au Nürburgring où se dispute la 4ème manche du Championnat du Monde d’Endurance. C’est Domingos Piedade, le directeur sportif de l’écurie Joest Racing, qui a fait venir le Brésilien, ce dernier voulant tâter le terrain avant une éventuelle participation aux 24 Heures du Mans. Si le panache de Senna ne peut rien contre l’efficacité des Porsche et des Lancia d’usines, le Pauliste se distingue par un autre aspect de personnalité : quelques jours après l’épreuve, Reinhold Joest, surpris, reçoit une cassette audio d’une heure sur laquelle le pilote s’est enregistré pour lui suggérer différentes voies de progression. Enthousiaste, le patron tente de faire revenir son prodige… En vain. Il ne reviendra pas, Henri Pescarolo peut en témoigner : "Il a pris ma voiture, a couvert 5 tours en améliorant mon temps de 3 secondes, puis en est descendu lâchant d’emblée que c’était trop lourd et trop lent pour lui."

Qu’importe, Domingos Piedade poursuit sa quête de jeunes talents et, en 1997, met la main sur un pilote danois de F3000 nommé Tom Kristensen. Entre temps, Ayrton Senna a trouvé la mort à Imola.

Henri Pescarolo (casque vert) prend le relais d’Ayrton Senna. Avec Stefan Johansson, ils termineront 8ème. Dix ans plus tard, Ayrton Senna est triple champion du monde de F1. La Porsche 956 châssis n°104 reprend parfois la piste à l’occasion de meetings historiques.
620 cv pour 850 kg, 360 km/h en pointe… "Trop lourd, trop lent" pour Senna. Avec le n°7, la Porsche 956 de Joest gagnera Le Mans en 1985… Mais sans Senna. Coque en aluminium et intérieur dépouillé. Tels sont les prototypes des années 80.

Julien HERGAULT / ACO