24h Le Mans
07/01/2019 - 12:00

Porsche 1948-2018, les 24 Heures en "grand huit" (8) - 2008

Alors qu'une exposition du Musée des 24 Heures (jusqu'au 24 février 2019) célèbre les 70 ans de Porsche, cette série propose des variations sur le chiffre 8, de 1948 à 2018. Ce nouvel épisode est consacré à l'année 2008, qui voit le retour victorieux d'un prototype Porsche aux 24 Heures du Mans.
Porsche 1948-2018, les 24 Heures en "grand huit" (8) - 2008

Certes, il s'agit pour l'heure de la catégorie LMP2, mais la RS Spyder a permis de rappeler que la culture du prototype qui gagne reste l'une des caractéristiques dominantes de l'ADN de Porsche et de son histoire aux 24 Heures du Mans.

La RS Spyder est une subtile combinaison d'histoire et de modernité. L'histoire s'incarne dans son patronyme, référence à la mythique 550 RS Spyder des années 1950 et à ses dérivées, comme la 718 RSK, qui signa le premier podium sarthois de Porsche au général en 1958. La modernité s'incarne dans une nouveauté technique : pour la première fois dans l'histoire de Porsche, un moteur conçu pour les compétitions d'endurance adopte une architecture en V, en l'occurrence un V8 3,3 litres atmosphérique.

A l'histoire et la modernité s'ajoute l'efficacité. Apparue en 2005 dans championnat d'endurance American Le Mans Series (ALMS), et exploitée outre-Atlantique par Roger Penske, l'un des plus puissants patrons d'écurie américains, la RS Spyder se mêle à la lutte pour la victoire face aux prototypes LMP1 sur les circuits urbains et sinueux. Ainsi, en 2008, Timo Bernhard, Emmanuel Collard et Romain Dumas battent à son volant Audi et Peugeot aux 12 Heures de Sebring, l'un des rendez-vous les plus convoités de l'endurance américaine et internationale.

2008 voit également la Porsche RS Spyder traverser l'Atlantique et faire sa première apparition européenne en Le Mans Series (ancêtre de l'actuelle European Le Mans Series, qui admettait à cette époque les prototypes LMP1), engagée notamment par van Merksteijn Motorsport (Pays-Bas) et Team Essex (Danemark), également au départ des 24 Heures du Mans cette année-là.

Dans la Sarthe, ces deux équipes dominent sans partage la catégorie LMP2. Peter van Merksteijn-Jeroen Bleekemolen-Jos Verstappen (vainqueurs) et Casper Elgaard-Sascha Maassen-John Nielsen (deuxièmes) terminent respectivement avec 21 et 14 tours d'avance sur la Pescarolo de Pierre Ragues, Matthieu Lahaye et Cong Fu Cheng (Saulnier Racing, devenu par la suite OAK Racing), qui complète le podium LMP2. Parmi les six pilotes de la RS Spyder aux 24 Heures 2008 figure un ancien vainqueur du général : John Nielsen, victorieux en 1990 sur Jaguar avec le Britannique Martin Brundle et l'Américain Price Cobb.

Les Néerlandais et les Danois s'imposent également en Le Mans Series : van Merksteijn Motorsport (quatre victoires) est titré devant Team Essex (une victoire) et Horag Racing, qui engageait également une RS Spyder en Le Mans Series 2008.

En 2009, Team Essex signe la deuxième victoire LMP2 consécutive de la RS Spyder aux 24 Heures du Mans. Casper Elgaard est cette fois associé à son compatriote Kristian Poulsen et au Français Emmanuel Collard.

C'est la dernière apparition sarthoise de la RS Spyder. Le retour de Porsche en catégorie LMP1 à partir de 2014 voit la 919 Hybrid signer trois victoires consécutives (2015, 2016 et 2017), mais c'est avec la 911 que le constructeur allemand sera exact au rendez-vous de son 70e anniversaire en 2018. Une histoire à découvrir dans le prochain épisode de cette saga.

Photos (D.R. / Archives ACO) - En haut : outre sa victoire en catégorie LMP2, la Porsche RS Spyder de l'équipe van Merksteijn Motorsport termine dixième du classement général. Ci-dessus : deuxième en 2008, la RS Spyder de Team Essex (au centre) remportera en 2009 la catégorie LMP2 l'année suivante en terminant dixième du général, comme van Merksteijn l'année précédente. Team Felbermayr-Proton (n°77) et Flying Lizard Motorsports (n°80) signent les meilleurs classements de la 911 aux 24 Heures du Mans 2008.