24h Le Mans
08/12/2018 - 12:00

Porsche 1948-2018, les 24 Heures en "grand huit" (2) - 1948-1951

Alors qu'une exposition du Musée des 24 Heures (23 septembre 2018-24 février 2019) célèbre les 70 ans de Porsche, cette série propose des variations sur le chiffre 8, de 1948 à 2018. Avec pour cet épisode, les toutes premières années, de la naissance en 1948 aux premières 24 Heures du Mans en 1951, en attendant la conférence Porsche au Musée des 24 Heures le 12 décembre.
Porsche 1948-2018, les 24 Heures en "grand huit" (2) - 1948-1951

Le 8 juin 1948, Ferry Porsche présente à son père Ferdinand le prototype qui donnera naissance à la 356, d'abord en version spider (cabriolet). En mars 1949, celle-ci est présentée au Salon de Genève. Trois mois plus tard, les 25 et 26 juin, c'est la renaissance des 24 Heures du Mans, disputées pour la première fois depuis 1939. Son directeur de course Charles Faroux sera le principal artisan de l'arrivée de Porsche dans le double tour d'horloge sarthois.

Le moment décisif a lieu eu octobre 1950 sous les verrières du Grand Palais, dans le cadre du salon automobile de Paris, où est présentée la 356, lors d'une rencontre de Ferdinand Porsche avec Charles Faroux, accompagné pour la circonstance d'Auguste Veuillet. Après avoir longuement évalué l'argumentation de Faroux et de nombreuses données techniques, Ferdinand Porsche finit par donner son accord pour les 24 Heures du Mans 1951... Mais décède le 30 janvier de cette année.

La disparition de Ferdinand Porsche aurait pu rendre caduc l'accord, "seulement" verbal, avec Charles Faroux, mais Ferry Porsche respecte la parole donnée par son père en confirmant cette participation. Le samedi 23 juin 1951, une 356 est au départ, pilotée par Auguste Veuillet, devenu importateur français sous la bannière de Sonauto, et le Sarthois Edmond Mouche.

Ferry Porsche s'exprime ainsi sur cette première participation : "Quelques mois avant la mort de mon père, en janvier 1951, le célèbre journaliste français spécialisé dans le sport automobile, Charles Faroux, lui avait fait promettre d'engager une Porsche 356 aux 24 Heures du Mans. Au mois de juin 1951 j'ai respecté cette promesse et notre modèle équipé d'un moteur de 1100 cm3 développant une puissance de 48 ch remporta d'emblée sa catégorie. Depuis, pour la firme Porsche comme pour moi, le circuit de la Sarthe est pratiquement devenu une résidence secondaire puisque nous nous y rendons au moins une semaine par an." Ces mots sont présentés en exergue à l'attention des visiteurs à l'entrée de l'exposition Porsche du Musée des 24 Heures.

La consigne de Ferry Porsche est claire : il s'agit avant tout de terminer la course. Le fils de Ferdinand a toutes les raisons d'être prudent. A l'origine, trois voitures étaient prévues, mais après trois accidents, survenus pendant la préparation et les essais de cette 19e édition des 24 Heures du Mans, le premier engagement de Porsche se réduit à la seule 356 de Veuillet et Mouche.

Le duo français est solide. N'a-t-il pas été, pendant la nuit des 24 Heures 1949, l'adversaire principal de la Ferrari des futurs vainqueurs Luigi Chinetti et Lord Selsdon ? Lauréats de la catégorie des voitures de moins de 1100 cm3, Veuillet et Mouche mènent la Porsche 356 à la vingtième place du classement général, avec 2 840 kilomètres parcourus (118 km/h de moyenne).

La première participation de Porsche s'achève donc déjà sur une victoire. Cent cinq autres suivront, toutes catégories confondues, jusqu'en 2018. Pour le prochain épisode de cette série, rendez-vous en 1958, autre année d'importance : celle du premier podium au classement général.

Photo (D.R. / Archives ACO) - Première voiture à porter le nom de Porsche, la 356 avait été conçue par Ferdinand Porsche sur la base technique (moteur arrière refroidi par air) qu'il avait imaginée pour la Volkswagen "Coccinelle". Pour les 24 Heures 1951, la 356 d'Auguste Veuillet et Edmond Mouche, ici à l'image, affichait ainsi une puissance de 45 ch pour une cylindrée réduite à 1086 cm3.