24h Le Mans
30/11/2019 - 16:00

Pink Floyd et les 24 Heures du Mans (1/2) – 1979, Le Mans et « Le Mur »

L’année 1979 est une année marquante pour Pink Floyd. Outre la sortie du double album The Wall, deux de ses membres disputent cette année-là leurs premières 24 Heures du Mans : son manager Steve O’Rourke et son batteur Nick Mason.
Pink Floyd et les 24 Heures du Mans (1/2) – 1979, Le Mans et « Le Mur »

Dernier album de Pink Floyd en date, The Division Bell est sorti voici un quart de siècle. Mais le groupe fait ces derniers temps l’actualité grâce à une tournée de Nick Mason revisitant The Piper At The Gates Of Dawn et A Saucerful Of Secrets, les deux premiers disques (1967 et 1968), tandis que sort pour ces fêtes de fin d’année un coffret rétrospective intitulé The Later Years 1987-2019. S’y ajoute donc ce double anniversaire de 1979, raconté de l’intérieur par Nick Mason.

Les 24 Heures du Mans se sont inscrites dans l’imaginaire du musicien dès l’enfance. Son père, le documentariste Bill Mason, était un proche de Sammy Davis, l’un des « Bentley Boys » du constructeur britannique, vainqueur dans la Sarthe en 1927. Mais il lui faut attendre le succès de l’album The Dark Side Of The Moon (1973) pour donner un nouvel élan à sa passion automobile : « Ce n'est que pendant les années 1970, lorsque que j'avais de l'argent devant moi grâce à la musique, que j'ai pu me lancer moi-même en compétition... tous frais payés par "The Dark Side Of The Moon" ! J'ai commencé à courir avec des voitures anciennes, car c'est ainsi que mon père avait débuté, et cela m'a paru la meilleure manière de me mettre le pied à l'étrier. »

Je n'avais jamais piloté de voiture de course avant les 24 Heures du Mans mais au final, c'est la meilleure décision que j'aie jamais prise.
Nick Mason (Pink Floyd)

La grande étape suivante cette manière de retour aux sources, ce sont les 24 Heures du Mans, voici tout juste quarante ans. « Il s'est effectivement passé deux choses, raconte le batteur et gentleman driver, aujourd’hui âgé de 75 ans. Tout d'abord, nous nous sommes rendu compte que nous devrions enregistrer "The Wall" à l'étranger, et nous sommes partis pendant un an en exil fiscal. A la même époque Augustus Bertelli, propriétaire de l'usine Aston Martin pendant les années 1930, est décédé. On m'a demandé d'amener mon exemplaire de l'Aston Martin Ulster à ses obsèques. J’y ai fait la connaissance de Brian Joscelyne, qui faisait partie de l'équipe Dorset Racing. Il m'a demandé si j'aimerais bien faire Le Mans. Je n'avais jamais piloté de voiture de course, mais au final c'est la meilleure décision que j'aie jamais prise. Par la suite, nous avons passé l'essentiel de notre temps en studio pour l’album, mais j'avais un ami, Simon de la Tour, qui dirigeait l'école de pilotage Winfield, et je me suis entrainé avec lui. J'ai beaucoup piloté, et je me suis senti de plus en plus en confiance pour les 24 Heures. En 1979 nous avons gagné à l'Indice de Performance et terminé deuxième des prototypes Groupe 6 2 litres. J'ai l'impression que les conditions météo étaient encore plus difficiles l'année suivante, mais nous avons fini troisièmes de cette catégorie. »

Alors qu’une autre star, le comédien Paul Newman, deuxième du classement général, monopolise l’attention, un autre membre du « premier cercle » de Pink Floyd est également au départ de cette 47e édition des 24 Heures : son manager Steve O’Rourke. « Lorsque j'ai dit à Steve que j'allais courir les 24 Heures, il m'a accompagné pour aller voir le circuit, poursuit Nick Mason. Et il m'a dit : "tu sais quoi ? Je vais les faire aussi !" Il a trouvé un accord avec l'Ecurie Francorchamps et Ferrari. Pour ma part, j'étais au volant d'un prototype Lola. »

La double participation de Nick Mason et Steve O'Rourke avait tout de même de quoi surprendre, alors que le batteur et ses acolytes de Pink Floyd David Gilmour, Roger Waters et Richard Wright enregistrent l'un des albums les plus célèbres du groupe. « Je crois qu'ils ont probablement pensé que nous étions cinglés, mais l'approche au sein du groupe à propos de ce que chacun avait envie de faire était très relax », indique Nick Mason. C’est ainsi qu’en 1991, le guitariste David Gilmour sera au départ du marathon routier mexicain de la Carrera Panamericana aux côtés de Steve O'Rourke et de son batteur préféré ! Cette participation a fait l’objet d’un documentaire. Sa bande son comportait des extraits de A Momentary Lapse Of Reason, l’album de Pink Floyd sorti en 1987.

Mais les aventures de Nick Mason et Steve O’Rourke sont loin d’être terminées… Rendez-vous dans le second épisode de cette série pour en savoir plus…

PHOTOS (D.R. / ARCHIVES ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS, SAMEDI 9 & DIMANCHE 10 JUIN 1979). Pour leur première participation sarthoise, Steve O’Rourke (avec Nick Faure, Bernard de Dryver et Jean Blaton sur Ferrari BB 512 n°61) et Nick Mason (avec Brian Joscelyne, Tony Birchenhough et Richard Jenvey, Lola T297-Ford n°24) sont tous les deux à l’arrivée, avec respectivement les 12e et 18e places.