Pedro Rodriguez et Jo Siffert : destins croisés aux 24 Heures du Mans (1/2)
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Pedro Rodriguez et Jo Siffert : destins croisés aux 24 Heures du Mans (1/2)

Disparus à trois mois d’intervalle il y a cinquante ans, Pedro Rodriguez et Jo Siffert ont marqué, chacun à sa manière, l’histoire des 24 Heures du Mans des années 1960 et 70. Pour le premier épisode de cette rétrospective croisée, retour sur les parcours très différents, qui ont forgé la personnalité de deux des meilleurs pilotes de leur époque.

Respectivement nés le 18 janvier 1940 et le 7 juillet 1936, Pedro Rodriguez et Jo Siffert étaient des personnalités singulières. Le premier a dû affronter en 1962 le deuil de la disparition en course de son jeune frère Ricardo, avant de décider de poursuivre sa carrière. Il connaît une ascension météorique, alors que le second, issu d’un milieu modeste, a construit son parcours à la force d’une inébranlable volonté.

Jo Siffert et Pedro Rodriguez ont tous deux débuté sur deux roues. En 1958, pendant que le Mexicain, à seulement 18 ans, dispute ses premières 24 Heures du Mans, le Suisse court comme passager en compétitions de side-car vitesse, avant d’être titré sur deux roues en catégorie 350 cm3 sur sa terre natale l’année suivante. En 1961, Pedro et Ricardo Rodriguez, pilotes du North American Racing Team (NART) de Luigi Chinetti, sont les plus coriaces adversaires des futurs vainqueurs Olivier Gendebien/Phil Hill au Mans. Et Jo Siffert, passé sur quatre roues l’année précédente, évolue en Championnat d’Europe de Formule Junior. Il découvre les 24 Heures du Mans en 1965 sur une Maserati Tipo 65 associé à Jochen Neerpasch. Cette même année, Pedro Rodriguez termine la course pour la première fois en huit participations, avec une septième place partagée sur Ferrari avec Nino Vaccarella, vainqueur en 1964.

Toujours fidèle au NART en 1966 et 1967, Pedro Rodriguez est contraint à l’abandon sur ces deux éditions. Pendant ce temps, Jo Siffert devient pilote d’usine Porsche dans la Sarthe et termine à deux reprises dans le top 5 : sa quatrième place en 1966 sur 906 (avec Colin Davis) et sa cinquième en 1967 sur 907 (avec Hans Herrmann) sont assorties d’autant de victoires dans la catégorie des prototypes 2 litres.

Les 24 Heures 1968 vont marquer une étape importante pour Jo Siffert comme pour Pedro Rodriguez, qui se retrouvent au cœur d’une nouvelle donne technique. Après les performances encore jamais vues au Mans des Ford et de leurs moteurs 7 litres en 1966 et 67, la CSI (Commission Sportive Internationale, ancêtre de l’actuelle FIA) décide en 1968 de limiter à 3 litres la cylindrée des prototypes, tout en autorisant une catégorie Sport (5 litres) produite au minimum à 50 puis 25 exempalires. Cette nouvelle réglementation voit la Ford GT40 désormais équipée d'un moteur 4,7 litres réalésé à 5 litres, ce qui lui permet de concourir dans la Sarthe en 1968.

En 1968, Porsche franchit un palier supplémentaire dans son histoire mancelle en lançant la 908, conforme à la nouvelle réglementation des prototypes 3 litres, avec pour objectif de s’immiscer dans la lutte pour la victoire au général. Au volant de cette nouveauté, Jo Siffert signe la première pole position du constructeur allemand aux 24 Heures en 3’35’’4, à 225 km/h de moyenne. Quant à Pedro Rodriguez, il est appelé à la toute dernière minute pour remplacer Jacky Ickx, blessé au Grand Prix du Canada. Il est associé au Belge Lucien Bianchi sur la Ford GT40 n°9 aux couleurs bleu ciel et orange du pétrolier Gulf engagée par l’équipe de John Wyer.

Jo Siffert et son coéquipier Hans Herrmann sont les premiers leaders de la course trois heures durant, avant que le Suisse n’abandonne sur rupture d’embrayage. Qualifiés quatrièmes, Rodriguez et Bianchi s’installent alors en tête et conservent cette position pendant l’essentiel de cette 36e édition, ne cédant le commandement qu’aux sixième et septième heures. Malchanceux au fil de ses précédentes participations, Pedro Rodriguez remporte une victoire aussi méritée que populaire auprès du public des 24 Heures.

1969 voit la naissance de la Porsche 917. Associé à Kurt Ahrens, Jo Siffert lui offre sa première victoire sur le circuit autrichien de Zeltweg, dans le cadre du Championnat du Monde des Marques. Pour la saison 1970, l’équipe Gulf de John Wyer devient partenaire de Porsche pour l’engagement de deux 917 aux 24 Heures du Mans et dans le Championnat du Monde des Marques. Parmi ses pilotes figurent Jo Siffert et Pedro Rodriguez, pour l’un des plus extraordinaires chapitres de l’histoire de l’endurance… à découvrir dans le second épisode de cette série.

 

PHOTOS (D.R. / ARCHIVES ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS 1961-1968). De haut en bas : la grille de départ des 24 Heures du Mans 1963, avec en pole position la Ferrari n°10 de Pedro Rodriguez, associé à Roger Penske ; Pedro Rodriguez (à droite) avec à sa droite son frère Ricardo aux 24 Heures 1961 ; le départ des 24 Heures 1968, avec la Porsche n°31 de Jo Siffert, auteur de la pole position, la première Ford GT40 visible à gauche de l'image est celle de Pedro Rodriguez, qualifié quatrième ; les vainqueurs de 1968 Pedro Rodriguez (bouteille de champagne à la main) et Lucien Bianchi (casqué).

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