24h Motos
06/04/2016 - 12:00

Ludovic Reignier un français au YART

Ludovic Reigner est l'ing
Ludovic Reignier un français au YART

Ingénieur télémétriste, suspensioniste, responsable technique et bras droit du team manager Mandy Kainz du Yamaha Austria Racing Team (YART), le savoyard a su faire se recouper ses multiples compétences.

Passionné de sports mécaniques dès le plus jeune âge, Ludovic Reignier se tourne naturellement vers des études de mécanique. BEP, CAP, Bac Pro et Licence Pro de mécanique auto, il semble déjà avoir de la suite dans les idées.
 Passionné certes, mais « Ludo » va jusqu’à s’engager lui-même en rallye : « C’était sur des rallyes régionaux, j’étais très Peugeot. J’ai commencé sur une Samba puis j’ai eu une 205. Mes obligations professionnelles m’ont ensuite pris beaucoup de temps et je n’ai plus roulé que pour le plaisir sur circuit, j’ai actuellement une Mitsubishi Lancer Evolution IX. » Piqué au rallye jusqu’au bout !

C’est lorsqu’il cherche un stage en licence professionnelle que le savoyard postule chez MG Compétition (N.D.L.R : célèbre préparateur de motos de compétition) : « Ce qui a fait la différence avec l’autre candidat en lice, a été mon côté manuel et ma connaissance concrète de la mécanique acquise en BEP et Bac Pro. Le BTS et la Licence Pro m’avaient apporté des compétences en électronique. Le sujet de mon rapport de stage a justement été la télémétrie. C’est à dire le recueil, l’analyse et l’interprétation de données électroniques fournies par différents capteurs placés sur la moto. Initialement je devais continuer mes études en école d’ingénieur, mais MG Compétition m’a proposé un emploi de télémétriste, c’était fin 2004, j’ai accepté. Tant pis pour l’école d’ingé, c’est un choix que je ne regrette pas. »

MG Compétition est alors en charge du développement pour la maison mère de Yamaha, au Japon. Après avoir découvert la compétition moto en Championnat de France, Ludovic Reignier travaille alors en Championnat du Monde Superbike (WSBK) avec Sébastien Gimbert, Norifumi Abe et Shinichi Nakatomi.

A partir de 2009 l’équipe d’endurance Yamaha Austria Racing Team (YART) reçoit le soutien du constructeur aux diapasons « Yamaha au Japon voulait me garder, c’est de cette manière que j’ai intégré le YART. Il y a une grande différence culturelle entre nous les français et les autrichiens ou les allemands, au début je sentais bien cet écart. Mais je suis arrivé dans l’équipe et quelque mois plus tard nous gagnions les 24 Heures Motos ici au Mans. Ca a beaucoup aidé à mon intégration ! (rires). »

Ludovic Reignier ou « Le Yéti », surnommé ainsi en raison de sa carrure de grand-costaud et parce qu’il est montagnard, est depuis lors dépêché par Yamaha sur les programmes du constructeur. C’est-à-dire avec le YART en Championnat du Monde d’Endurance donc, mais aussi en Championnat du Monde Supersport (600cc), en Championnat de France Supersport et en Coupe d’Europe Superstock. Il est l’ingénieur télémétriste, parfois également le chef mécanicien de Lucas Mahias, Kev Coghlan, Florian Marino ou collabore avec Adrien Morillas.
En Endurance il travaille avec des pilotes comme Josh Hayes, Michael Laverty, Josh Brooks, Loris Baz, Noriyuki Haga, etc. Et plus récemment avac Broc Parkes, Max Neukirchner, Ivan Silva et Sheridan Morais. Si pour les plus néophytes ces noms n’évoquent pas grand-chose, il convient de préciser qu’il s’agit de pilotes de pointe dans leurs catégories respectives : « C’est très intéressant de travailler dans différentes catégories, avec des pilotes dont les palmarès sont remarquables. Surtout lorsqu’ils viennent de championnats mondiaux ou nationaux très relevés tels que ceux de Grande Bretagne ou d’Allemagne. Leur très riche expérience me nourrit sans cesse et me permet d’imaginer des solutions pour le développement des motos sur lesquelles je travaille. »

La vie d’un professionnel d’un tel niveau du sport moto est faite de nombreux déplacements : « En janvier je suis parti au Japon pour seulement 3 jours de formation, ensuite se sont les séances de tests qui se sont enchainées sur différents circuits d’Europe et maintenant les courses. Au cumulé, les déplacements représentent six à sept mois de l’année. J’essaie d’être très présent pour mes enfants, Mathys (10 ans) et Luna (8 ans), dans les périodes creuses ou même entre deux courses. Ils sont venus au Bol d’Or l’an dernier, je les avais installé à ma place dans le box pendant les essais. Ils étaient venus avec mes parents, passionnés depuis toujours de sports mécaniques. Ce sont eux qui nous ont transmis le virus du sport auto à mon frêre et moi. » précise l’ingénieur.

Quant à savoir s’il envisage de poursuivre sur ce rythme encore longtemps : « Il y a un projet en cours qui pourrait me permettre de continuer à être dans le monde de la compétition tout en ayant moins de déplacements. Car il faudra toujours que je bouge un peu ! Je suis en train de remonter une Peugeot 205 pour faire des courses historiques, avoir le temps de partir faire des Rallyes en Corse ou ailleurs me plairait aussi beaucoup. » 
Son attention reste cependant tout à l’endurance et au YART ces jours-ci, avec les 24 Heures Motos en ligne de mire, l’équipe vise un podium sur l’épreuve sarthoise.

L’an dernier, Ludovic Reigner et son équipe Autrichienne avait décroché la pole position avec un chrono record de 1’36’’578 établit par Sheridan Morais ainsi que le meilleur temps en course.

Karine Avon/ACO