24h Le Mans
Le 01/10/2018 08:45

Les 24 Heures du Mans anticipent l'intelligence artificielle

Invité à un débat sur les "Risques et enjeux des véhicules autonomes", à l'université du Mans, Faculté de Droit, Sciences économiques et de gestion, Pierre Fillon a expliqué le travail déjà effectué par la compétition pour développer et utiliser l'intelligence artificielle à des fins utiles pour les pilotes. Car, il n'est aucunement envisagé de se passer des coureurs! Les 24 Heures du Mans sont une aventure et un défi humain.

Les 24 Heures du Mans anticipent l'intelligence artificielle

Suite aux interventions de juristes et d'experts de l'assurance quant au défi de la voiture autonome sur les routes prochainement, Pierre Fillon, Président de l'Automobile Club de l'Ouest a exposé les relations entre la compétition et l'intelligence artificielle. "Certains connaissent l'existence de Roborace et se posent la question: verrons-nous toujours des pilotes dans les voitures de course de 24 Heures du Mans si l’intelligence artificielle peut les remplacer? Je peux vous répondre, en tant que Président de l’ACO, organisateur des 24 Heures du Mans: Oui, assurément, il y aura toujours des pilotes au volant des voitures des 24 Heures du Mans, des pilotes qui se dépasseront, qui se relaieront, qui rivaliseront de façon acharnée. C’est l’ADN des 24 Heures du Mans : une aventure humaine, avec des machines, dotées pour certaines de technologies les plus avancées certes, mais cela reste et restera une aventure, un défi humain. Cela n’aurait pas de sens sans homme ou femme. Président de l’ACO, je porte une double casquette, sur le thème de la voiture autonome. D’un côté, je suis l’organisateur de compétitions sportives, je m’adresse à une population, les pilotes, qui parfois sont récalcitrants à certaines aides, car ils souhaitent garder le contrôle. C’est leur métier, leur passion. D’un autre côté, je suis le président d’un club, qui doit être à l’écoute des usagers de la route, d’automobilistes qui ne ressentent pour certains, plus aucun plaisir à rouler ou conduire dans différentes conditions, et seraient séduits par ces concepts de voiture autonome. Quel est l’intérêt d’être concentré au volant, quand on est pris dans des kilomètres de bouchons. Ne pourrait-on pas passer plutôt en mode automatique et faire autre chose pendant que l’auto gère ?
En compétition, depuis quelques années, les pilotes prennent de plus en plus confiance dans certaines assistances.  Il faut dire qu’il y a encore quelques dizaines d’années, avant l’arrivée de la télémétrie, des capteurs de plus en plus sophistiqués, c’était le pilote qui était autonome par rapport à ses ingénieurs, et non pas la voiture. Le ressenti du pilote comptait pour les ingénieurs, qui n’avaient que lui comme guide. Aujourd’hui, la voiture ‘’parle’’ elle aussi aux ingénieurs, et leur donne des indications, parfois différentes de celles du pilote. C’est une évolution. Les ingénieurs n’écoutent plus uniquement le pilote, mais la voiture aussi. C’est le but du sport et des 24 Heures : être un laboratoire de recherches pour la voiture de demain pour tous, être un accélérateur  du développement de certaines technologies ; Le futur est dans la course, voilà notre signature depuis la création des 24 Heures du mans en 1923. Quel meilleur banc d’essais qu’une course de 24 heures, jour et nuit, par tous les temps, sur un circuit mêlant piste et route ?  Bien évidemment, l’ACO intègre dans ses réflexions ce nouveau champ des possibles avec l'intelligence artificielle. Nous ne pouvons pas ne pas nous intéresser à ce domaine.
La voiture autonome, l’intelligence artificielle, nous la considérons plutôt comme un ‘’ami qui vous veut du bien’’, plutôt qu’un remplaçant ou même un concurrent au pilote. Dans diverses situations, nous avons même intérêt à développer certaines solutions que peut proposer l’intelligence artificielle. Et nous sommes déjà sur certains domaines en réflexion avancée.
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Des exemples concrets ont été avancés suite à cette allocution: l'ACO explique l'intérêt dans le futur de créer des ''ESP'' géographiques, qui freinent et positionnent la voiture suivant les obstacles environnant, ou des systèmes pour gérer les voitures pendant les slow zones, ou pour instaurer une communication entre les voitures afin d'éviter les accidents avec des autos masquées comme ce fut le cas lors du crash de McNish en 2011 par exemple, ou pour respecter l'emplacement dans la voie des stands lors des ravitaillements. Enfin, pourquoi ne pas imaginer une safety car ou une leading car autonome aux 24 Heures du Mans 2019? Les idées sont multiples. 
L'ACO a déjà anticipé l'intelligence artificielle, un sujet qui devrait animer le Mondial de l'Auto, à Paris, Porte de Versailles, du 4 au 14 octobre. 
Rappelons le 5 octobre, à Mondial Tech, l'interview en tant que Grand Témoin de Pierre Fillon, à partir de 12h30. 

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