24h Le Mans
27/11/2019 - 14:00

Le Mans 66… et autres films de sport automobile

Alors que le Musée des 24 Heures consacre une exposition au Mans 66 (jusqu’au 23 février 2020), dédiée au film Le Mans 66, actuellement en salles, et à l'édition de 1966, nous vous proposons une série sur cette thématique. Aujourd'hui, le nouvel épisode s'articule autour de plusieurs films et histoires de sport automobile à l’écran, dont la genèse remonte précisément… à 1966.
Le Mans 66… et autres films de sport automobile

Alors que Ford remporte en 1966 la première de ses quatre victoires consécutives aux 24 Heures du Mans, la marque à l’ovale bleu fait à sa manière l’actualité du cinéma. Cette même année, une superproduction américaine va révolutionner la représentation du sport automobile sur grand écran.

1966 : Phil Hill et Grand Prix – L’année 1966 marque pendant la saison de Formule 1 le tournage du film Grand Prix. Le réalisateur John Frankenheimer engage comme conseiller Phil Hill, triple vainqueur des 24 Heures et Champion du Monde de Formule 1. Ce dernier participe activement aux prises de vue, avec notamment une Ford GT40 transformée en voiture caméra pour tracter les monoplaces des comédiens. Grand Prix présente également des images en caméra embarquée filmées à vitesse réelle dans le cadre des courses de cette saison F1. Outre Phil Hill, six autres pilotes victorieux dans la Sarthe apparaissent dans le film : Lorenzo Bandini, Graham Hill, Dan Gurney, Jochen Rindt, ainsi que Chris Amon et Bruce McLaren, le duo vainqueur des 24 Heures 1966. Phil Hill et Graham Hill sont respectivement crédités au générique dans les rôles des pilotes Tim Randolph et Bob Turner. Côté comédiens, le casting est international, avec l’Américain James Garner (qui porte un casque aux couleurs de celui de Chris Amon), le Français Yves Montand ou encore le Japonais Toshiro Mifune.

1966 : la Ford Mustang star de cinéma – Parallèlement au duel Ford-Ferrari aux 24 Heures du Mans, Le Mans 66 évoque le lancement de la Ford Mustang en 1964. Destinée à rajeunir l’image du constructeur américain, elle fera également une carrière enviable sur grand écran. En 1966, dans Un homme et une femme, le comédien Jean-Louis Trintignant (neveu de Maurice Trintignant, vainqueur au Mans en 1954) incarne un coureur automobile qui pilote une Mustang au Rallye de Monte Carlo. Mis en scène par Claude Lelouch, le film est un triomphe international, lauréat de la Palme d’Or du Festival de Cannes en 1966 et de l’Oscar du Meilleur Film Etranger l’année suivante.

1968 : Ferrari et Ford selon Steve McQueen – En 1968, Steve McQueen assoit encore davantage son statut de superstar avec deux films où les routières sportives occupent une belle place. Dans L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison, dans le rôle d’un millionnaire désabusé qui organise un braquage par défi, il apparaît notamment avec une Ferrari 275 GTB Spider NART dont il devient par la suite propriétaire. Dans Bullitt de Peter Yates, où Steve McQueen est pour la première fois producteur avec sa société Solar, son personnage de policier se déplace au volant d’une Mustang Shelby, qui sera au cœur d’une séquence de poursuite dans les rues de San Francisco entrée dans les annales du cinéma.

1968 : Paul Newman, le sport automobile du grand écran à la piste – Paul Newman incarne le pilote Frank Capua dans Virages de James Goldstone, dont les scènes de course sont filmées lors de l’édition 1968 des 500 miles d’Indianapolis. Agé de 43 ans à l’époque, le comédien se prend de passion pour le sport automobile à la suite du tournage, devenant lui-même pilote. Ce parcours débuté sur le tard conduit Paul Newman au départ des 24 Heures du Mans en 1979. Pour cette unique participation sarthoise, il termine deuxième et vainqueur de sa catégorie au volant d’une Porsche 935 partagée avec Dick Barbour et Rolf Stommelen. Puis, en tant que copropriétaire d’écurie, Paul Newman remporte huit titres en monoplace américaine CART et Champ Car avec Mario puis Michael Andretti, Nigel Mansell, Cristiano da Matta et le Manceau Sébastien Bourdais, titré quatre saisons d’affilée de 2004 à 2007.

1969-1970 : Steve McQueen et Le Mans, une course, un film – En avril 1969, Steve McQueen se rend au Mans pour rencontrer Gonzague Mordret, Directeur Général de l’ACO à cette époque, puis effectue des repérages pendant la course en juin. Avec en tête l’idée non seulement de produire et d’interpréter un long métrage consacré aux 24 Heures du Mans, mais aussi de prendre lui-même part à la course au volant d’un Porsche 917, avec Jackie Stewart pour coéquipier. Ses assureurs s’opposent à sa participation, mais Steve McQueen va tout de même au bout de son film, non sans difficultés. Les prises de vue au Mans s’étalent sur cinq mois, de début juin à début novembre 1970, alternant images de la course, séquences de course reconstituées sur les lieux mêmes du circuit des 24 Heures et séquences avec les comédiens. Après le départ en plein tournage de John Sturges (qui avait déjà dirigé Steve McQueen dans Les Sept Mercenaires et La grande évasion), Lee H Katzin termine Le Mans, qui sort en salles en 1971 (le 23 juin aux Etats-Unis et le 23 septembre en France).

PHOTO (TWENTIETH CENTURY FOX) - Dans Le Mans 66, Christian Bale (à gauche) et Matt Damon (avec au premier plan, le toit de la Ford GT40 Mk II) rejoignent James Garner, Steve McQueen, Yves Montand, Paul Newman - et aussi Tom Cruise plus récemment dans Jours de tonnerre - parmi les stars internationales du cinéma ayant tourné dans un film dédié au sport automobile.