24h Le Mans
Le 09/12/2017 15:00

Julien Canal (Oreca) : "Ce fut un vrai travail d’équipe comme on en voit rarement"

Julien Canal est un homme heureux ! En effet, le pilote manceau vient d'ajouter une troisième récompense à sa collection en remportant le Trophée Endurance des Pilotes LMP2 avec Vaillante Rebellion (Oreca 07 - Gibson n°31). Cependant, "rien n'aurait été possible sans Bruno Senna et Nicolas Prost", ses deux coéquipiers.

Julien Canal (Oreca) : "Ce fut un vrai travail d’équipe comme on en voit rarement"

Vous étiez loin en début de saison, à plus de 40 points de l’équipe Jackie Chan DC Racing, pour finalement remporter le Trophée Endurance des Pilotes et Equipes LMP2. Comment avez-vous vécu votre année ?

« Le LMP2 est une catégorie très concurrentielle car tout le monde a le même châssis, la même électronique, le même moteur. En début d’année, l’équipe s’est engagée aux 24 Heures Rolex de Daytona avec des pilotes comme Sébastien Buemi, Stéphane Sarrazin et Nick Heidfeld. Cela nous a permis de mettre le doigt sur les points faibles de l’équipe et ça nous a bien aidés à commencer en Championnat du Monde d’Endurance (WEC). Nous faisons un début de saison correct avec Silverstone et Spa, mais aux 24 Heures du Mans, nous avons cassé la boîte de vitesses. Même si nous étions un petit peu moins rapide que les Oreca 07 - Gibson de Jackie Chan DC Racing, nous aurions pu faire un podium et la fin de saison aurait été alors moins compliquée. Après Le Mans et le Nürburgring, le moral n’était pas au beau fixe avec 46 points de retard. Notre but à partir de ce moment là a été de gagner toutes les courses. Nous savions que nous avions peu de chance de le faire, mais que c’était possible. Nous nous sommes remis en question sur pas mal de points. Nous avons fait des débriefings techniques plus longs, essayé de connaître les fonctionnalités de la voiture à 100%, nous nous sommes faits des interrogations écrites à chaque course sur toutes les petites pannes possibles et comment les solutionner, nous nous sommes aussi beaucoup entrainés aux arrêts au stand, aux ravitaillements et changements de pilotes gagnant entre six à sept secondes entre la première manche et la dernière. Tout ça a créé une belle dynamique et ça s’est vu dès Mexico où on a compris qu’en faisant zéro erreur, nous pouvions gagner toutes les courses. Nous avons aussi beaucoup parlé, ne privilégiant pas le ressenti d’un seul pilote, mais des trois. Ce fut un vrai travail d’équipe comme on en voit rarement…

Comment s’est passée votre entente avec Bruno Senna et Nicolas Prost ?

Je connaissais déjà Nicolas Prost car nous avons couru en Formule Renault en 2005. Quant à Bruno Senna, je l’ai rencontré par l’intermédiaire de l’équipe OAK Racing il y a deux ans. Philippe Dumas, mon ancien team manager chez OAK Racing, m’avait dit beaucoup de bien de lui et je savais qu'il allait être chez Vaillante Rebellion en 2017. Ma seule prérogative a été d’être associé à Bruno pour cette saison, et pourquoi pas aussi Nicolas. Je sentais qu’humainement, ça allait coller. En endurance, il n’y a pas que le dernier dixième qui compte, il y a aussi l’entente entre les pilotes. C’est aussi ça qui nous a permis de remporter ce titre…

Ce titre 2017 a une saveur particulière pour moi...

Julien Canal

Vous venez de décrocher une troisième couronne en WEC. Ce titre a-t-il plus de saveur que les autres ?

Oui, il est particulier car j’ai maintenant 35 ans, la concurrence est encore plus dure, les niveaux et les technologies augmentent, et je suis toujours dans le coup. De plus, avec le travail fourni cette année, même pour moi qui a un métier à côté, il a fallu optimiser tous les points, Bruno et Nicolas en tant que pilote professionnel, et moi à mon niveau de pilote Silver. Vu d’où nous sommes partis, les efforts accomplis, le temps qui passe, la concurrence, ce Trophée a une saveur plus spéciale. De plus, finir 72 heures de WEC (toutes les manches cumulées, ndlr) et terminer 10.6 secondes devant l’Oreca 07 Gibson n°38 de Jackie Chan DC Racing, c’est juste incroyable. 

A suivre...