24h Le Mans
Le 12/07/2018 11:58

Gérard Larrousse, heureux du succès de Toyota aux 24 Heures du Mans

Double vainqueur des 24 Heures du Mans (en 1973 et 1974 avec Matra), pilote clé de l’épopée Porsche avec les 917 et directeur de l’équipe Renault Sport lors de la victoire de 1978, Gérard Larrousse est un expert de l’épreuve. Il suit avec intérêt l’actualité de l’endurance et est toujours actif comme pilote ! Revenir en Sarthe ? Presque un rituel. Nous l’avons rencontré lors de sa venue au Mans Classic. Il s'est livré sur l'actualité et l'histoire des 24 Heures.

Gérard Larrousse, heureux du succès de Toyota aux 24 Heures du Mans

La 86e édition des 24 Heures du Mans et le doublé historique de Toyota, Gérard Larrousse n’en n’a pas manqué une miette. « Je suis très heureux pour Toyota. Ils ont montré leur ténacité, avec 20 participations pour l’emporter, et aussi leur fiabilité. Car gagner les 24 Heures du Mans est toujours compliqué, même avec une concurrence réduite. C’est une grande performance que je salue, qui plus est avec un pilote de Formule 1. »

La présence de Fernando Alonso sur la Toyota TS050 Hybrid n°8 victorieuse amuse Gérard Larousse. Voir un pilote changer de baquet et passer de la monoplace à un prototype d’endurance est aujourd’hui rare. Fernando Alonso et avant lui Nico Hülkenberg (en 2015) prouvent qu’une « pige » aux 24 Heures du Mans en plus d’une présence à l’année en Formule 1 est possible. Mais lorsque Gérard Larrousse pilotait (il a été engagé au Mans de 1967 à 1974 sans discontinuer), les connexions étaient plus simples. « De mon temps, c’était normal. Je voyais des pilotes aller de la F1 à la F2, puis passer sur des prototypes. Ils s’inscrivaient aux courses qui avaient lieu selon leur disponibilité et multipliaient les expériences. Je trouve cela très bien que Fernando Alonso ait cette approche. Vous savez, aujourd’hui comme par le passé, les spectateurs s’attachent à des pilotes inspirants comme lui et ils aiment voir évoluer leurs héros dans plusieurs disciplines, tenter de nouveaux paris. Les grands pilotes ont ce pouvoir d’amener les gens à s’intéresser à tout et nous en avons besoin. Je suis content pour lui avec cette victoire. »

Gérard Larousse est toujours très sollicité dans les paddocks : les pilotes et spectateurs éclairés viennent à sa rencontre. De quoi lui parle-t-on ? De ses deux victoires ? De sa deuxième place de 1969 devenue mythique avec un écart de 120 m seulement ? « On me parle de tout ! La 917 avec sa décoration psychédélique est, je crois, la voiture que je vois le plus : posters, miniatures, livres... Je fais des dédicaces à chaque course ! On me parle aussi souvent de Formule 1, mais pas de l’époque Renault. J’ai fait un seul Grand Prix de F1 dans ma vie en Brabham BT42 (le Grand Prix de Belgique 1974 sur le circuit de Nivelles en Belgique), et on m’en parle chaque week-end. Il y a des spectateurs qui connaissent tout, ils sont incollables. »

Lors de la 9e édition du Mans Classic, Gérard Larrousse a participé à la course « Porsche Classic Race Le Mans » avec une 911 ST, avec laquelle il était au départ du Tour de France 1970. Une auto à la décoration jaune et rouge sublime, avec un flat 6 mélodieux. « C’est une voiture très proche d’une 911 R de l’époque, mais plus puissante et plus performante car très légère. Elle ne pèse que 820 kg, alors elle donne envie de se dépasser et de tout donner pour gagner » confie Gérard Larrousse. Toujours à fond, plus de 50 ans après sa première venue au Mans ? « Evidemment, sinon, ce ne serait pas drôle ! »