24h Le Mans
01/08/2020 - 12:00

Ford au Mans 1966-1969 : du Flower Power à Woodstock (2/4)

Le long métrage Le Mans 66, lauréat de deux Oscars, ainsi que l’exposition dédiée à cette édition au Musée des 24 Heures, offrent également le plaisir de se repencher sur une époque d’une exceptionnelle richesse. De 1966 à 1969, les quatre victoires consécutives de Ford aux 24 Heures du Mans ont repoussé toujours plus loin les limites de la performance, tout comme les musiciens rock de cette période.
Ford au Mans 1966-1969 : du Flower Power à Woodstock (2/4)

Les succès manceaux de Ford se sont partagés entre deux légendaires patrons d’écurie : l’Américain Carroll Shelby et le Britannique John Wyer. Et de 1966 à 1969, un guitariste bouleverse l’histoire du rock entre Etats-Unis et Grande-Bretagne : Jimi Hendrix.

Ford, quatre victoires entre Amérique et Grande-Bretagne – Avant même l’offensive de Ford, les noms de Carroll Shelby et John Wyer étaient inscrits au palmarès des 24 Heures du Mans. En 1959, lorsqu’Aston Martin signe son unique victoire sarthoise au général, le premier est au volant (associé au Britannique Roy Salvadori) et le second dirige l’équipe. Cette victoire est évoquée dans la scène nocturne et onirique qui ouvre le film Le Mans 66. Devenu patron d’écurie, Carroll Shelby offre à Ford ses deux premières victoires en 1966 (Chris Amon-Bruce McLaren) et 67 (AJ Foyt-Dan Gurney). Cette dernière année, Wyer fonde JWA Engineering et obtient le soutien de la compagnie pétrolière Gulf. En 1968, la CSI (Commission Sportive Internationale, ancêtre de l’actuelle FIA) limite à trois litres la cylindrée des prototypes mais crée une catégorie Sport réservée aux voitures de 5 litres maximum. John Wyer s’engouffre dans cette brèche réglementaire avec la Ford GT40, offrant deux victoires supplémentaires à la marque à l’ovale bleu. En 1968, l’agitation sociale et politique en France repousse à la fin du mois de septembre les 24 Heures, qui deviennent la dernière manche du Championnat du Monde des Marques… remporté par Ford grâce à la victoire de Lucien Bianchi et Pedro Rodriguez. En 1969, Jacky Ickx, associé à Jackie Oliver, arrache la victoire dans le dernier tour après être parti bon dernier, ayant marché vers sa voiture pour protester contre le départ en épi.

PHOTOS (D.R. / ARCHIVES ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS 1966 & 1967. Après la deuxième victoire consécutive de l'écurie de Carroll Shelby en 1967 avec avec la Mk IV de AJ Foyt et Dan Gurney (en haut), John Wyer et sa structure JWA Engineering prennent brillamment la suite en 1968 (ci-dessous) : Lucien Bianchi (casqué) et Pedro Rodriguez (bouteille de champagne à la main) remportent les 24 Heures avec la GT40, une victoire synonyme de titre mondial pour Ford.

Jimi Hendrix, une transmigration anglo-américaine – Né à Seattle le 27 novembre 1942, Jimi Hendrix est repéré à New York par Chas Chandler, ancien bassiste des Animals devenu manager, qui le fait venir à Londres en 1966. D’emblée, son jeu de guitare et son attitude sur scène stupéfient la plupart des stars anglaises de l’époque, comme Eric Clapton, George Harrison ou encore Paul McCartney. En 1967, alors que Ford franchit la barre des 5000 kilomètres couverts aux 24 Heures du Mans, les deux premiers albums de Jimi Hendrix Are You Experienced et Axis : Bold As Love révolutionnent la guitare électrique. Cette année-là, Jimi Hendrix, encore quasi inconnu aux Etats-Unis, se révèle au public américain lors de son apparition au festival de Monterey (Californie). En 1968, il élargit encore son registre en explorant toutes les ressources d’enregistrement pour le double album Electric Ladyland. Cette recherche aboutit même à la création de son propre studio à New York, baptisé Electric Lady Studios, afin de bénéficier d'un environnement technique adapté à ses besoins. Le 18 août 1969, quatrième et dernier jour du festival de Woodstock, Jimi Hendrix entre définitivement dans la légende avec sa relecture de l’hymne américain, redéfinissant pour des décennies l’approche du jeu et des effets sonores de la guitare. « Il a changé ma vision, avec cette manière de construire une chanson autour d’un riff de guitare », dira en 1984 Ritchie Blackmore, à l’époque guitariste de Deep Purple. Près d’un demi-siècle après sa disparition le 18 septembre 1970, la postérité de Jimi Hendrix est immense, et rayonne toujours aussi bien auprès des musiciens rock que des jazzmen.

PHOTO CI-DESSOUS (D.R.) - Détenteur des droits de la dénomitation GT40, Safir GT40 a fait réaliser en édition limitée par le luthier canadien Hoodoo Guitars des instruments inspirés des formes de la voiture, pour célébrer le demi-siècle des victoires Ford au Mans. Ici à l'image, la guitare reprenant la décoration de la Ford Mk II de Chris Amon et Bruce McLaren, vainqueurs en 1966.

INFORMATION : LES 24 HEURES DU MANS 2020 SE DÉROULERONT SANS PUBLIC