24h Le Mans
Le 11/05/2018 14:00

Fernando ALONSO : « En endurance, tout est imprévisible »

Moins d’une semaine après sa première apparition en championnat du monde d’endurance (FIA WEC) dans le cadre des Total 6 Heures de Spa, assortie d'une première victoire avec Toyota, Fernando Alonso retrouve ce week-end à Barcelone l’environnement plus familier d’un paddock de Grand Prix.

Fernando ALONSO : « En endurance, tout est imprévisible »

Très attendu ce jeudi par la communauté F1 à son arrivée sur le Circuit de Catalogne, le double champion du monde espagnol était pressé de commenter sa première expérience en WEC, et sa première victoire dans la discipline, sur le toboggan de Spa. Un coup de maître pour un coup d’essai qui lui a permis de renouer avec ce que la F1 lui interdit depuis cinq ans maintenant : la plus haute marche d’un podium ! La dernière fois, c’était ici-même au GP d’Espagne 2013.

« Le feeling est bon, déclarait-il en refusant tout sentiment de soulagement. Ça faisait longtemps que je n’étais plus monté sur un podium. Tests, simulateur, c’est jusqu’au dernier moment que je me suis préparé pour ce programme WEC. Au retour du Grand Prix de Bakou, j’ai même pris le temps de visionner pas mal de caméras embarquées… Un-deux en qualif (*) et en course, c’est un excellent résultat. Un bon moment pour le team (Toyota) et pour moi-même après tellement longtemps. Nous étions confiants, mais une course d’endurance est toujours pleine de surprises. Même si nous avions terminé 2e ou 3e, j’aurais été satisfait de ce round d’échauffement avant le morceau de résistance du Mans dans quelques semaines (16-17 juin). »

Avant de retrouver l’habitacle de sa Toyota TS050 Hybrid lors de la journée de tests organisée le 3 juin sur le circuit des 24 Heures, le natif d’Oviedo va avoir beaucoup de travail au volant de sa McLaren-Renault MCL 33. « Nous ne sommes pas dans la position que nous espérions au début de l’hiver mais, dans le même temps, c’est un début de saison positif, poursuivait-il. Nous sommes 4e au championnat des « Constructeurs » alors que nous étions l’écurie qui avait couvert le moins de tours  à la fin des essais hivernaux. En termes de compétitivité, nous ne sommes pas dans le top 10 en qualification et c’est quelque chose que nous voulons changer à partir de ce week-end. »

Si sauter de l’habitacle d'une machine au cockpit de l'autre ne lui pose pas de problèmes particuliers, Alonso confessait toutefois: « Quand je retrouve le baquet d’une F1, je suis tout de suite confortable. Pour être le plus proche possible de la limite dans une F1, il faut tout optimiser. Il faut rechercher la perfection tour après tour. En WEC, il faut être super flexible et super ouvert d’esprit en toutes choses. Il est impossible de répéter les mêmes tours pendant six heures car vous allez rencontrer un trafic différent en piste, des conditions de piste changeantes. Cette flexibilité en termes de pilotage est un très bon exercice pour moi car l’adaptation aux circonstances doit être immédiate. Pour moi, la spécificité du WEC et de l'endurance, c’est cela ! Il faut s’adapter à chaque virage de chaque tour et intégrer le fait que tout peut être remis en question jusqu’au drapeau à damier. Que tout est imprévisible ! En F1, on peut déjà écrire ce qui va se passer samedi en qualifications, de quoi sera fait Monaco, de quoi aura l’air Montréal ou Silverstone. C’est triste, cette direction prise par la F1 ! »

Une direction qu’à l’inverse le champion espagnol ne regrette pas en ce qui concerne le paddock « sous contrôle » de la F1. « En WEC, l’accès est un peu trop libre à mon goût et occasionne pas mal de stress, soulignait-il. Si le même système était appliqué en F1, on ne pourrait même pas marcher dans le paddock et tous les pilotes seraient terrés dans leur motor-home. Le résultat serait à l’inverse du but recherché. Mais bon, tous les championnats ont leur philosophie, et ça marche plutôt bien comme cela ! »

En attendant son prochain bain de foule dans la Sarthe, pour lui qui, comme Lewis Hamilton et Sebastian Vettel a réussi à  ''scorer'' lors de chaque Grand Prix depuis le début de la saison, c’est de nouveau la pêche aux points qui l’attend ce dimanche en Catalogne. Mais cette fois loin du podium et de la plus haute marche, à la régulière.

(*) L'autre Toyota, la n°7, a vu tous ses temps en qualification annulés, pour irrégularité administrative. 

Photos : MPS Agency

24 Heures du Mans 16/17 juin 2018 - billetterie

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