24h Le Mans
15/06/2019 - 17:30

24 Heures du Mans - Michèle Mouton soutient ses filles depuis le Rallye de Sardaigne !

Retenue en Sardaigne où se dispute la manche italienne du WRC, la présidente de la commission « Women and Motor Sport » va rester en contact direct avec Le Mans ce week-end, pour suivre la progression de la Ferrari 488 GTE #83 de l’écurie Kessel Racing.
24 Heures du Mans - Michèle Mouton soutient ses filles depuis le Rallye de Sardaigne !

On ne présente plus Michèle Mouton, la grande championne de rallye française restée célèbre pour ses quatre victoires en championnat du monde des rallyes avec Audi au début des années 80. Nommée Directrice du WRC par la FIA en 2010, elle se voyait chargée par Jean Todt de créer et animer la Women and Motor Sport Commission (WMC) en 2011, avec pour mission de promouvoir le rôle des femmes dans le sport automobile. Ce week-end, depuis la Sardaigne où se dispute la manche italienne du championnat du monde des rallyes, elle ne perd rien de la progression de l’équipe de la Ferrari 488 GTE #83 engagée par le Kessel Racing avec Rahel Frey, Michelle Gatting et Manuela Gostner au volant. Une expérience mancelle qu’elle a elle-même vécue en 1975, avec Christine Decremont et Marianne Hoepfner, au volant d’un prototype Moynet propulsé par un moteur Simca ROC engagé en moins de 2 litres.

« On était un peu folles, s’amuse-t-elle à l’évocation de ces heures glorieuses. On n’avait pas fait beaucoup d’essais, c’était la grande aventure ! Ce que je me rappelle le plus, c’est la pluie. J’étais au volant et je ne ne voulais pas m’arrêter pour changer de pneus car je doublais tout le monde avec ma petite voiture. Pour moi, pilote de rallye, la nuit n'était pas un problème car j’avais l’habitude. Par contre, devoir partager les décisions avec mes équipières avait été le plus difficile. Mais ce dont je me souviens surtout, c’est de l’arrivée après 24 heures. Un moment exceptionnel, très émouvant. On était tellement heureuses d’avoir remporté notre catégorie ! Une belle aventure que se terminait bien. » Une aventure que vivent ce week-end trois autres jeunes femmes, trois seulement serait-on tenté de dire…

Si nous n’aidons pas les filles d’aujourd’hui à rejoindre des teams professionnels et sérieux pour avancer, nous n’y arriverons jamais.
Michèle Mouton

« C’est évidemment dommage mais il faut regarder le positif, soulige la présidente de la commission Women in Motorport. A la FIA, nous avons beaucoup travaillé ces dernières années et on voit maintenant des projets se réaliser. Ça donne espoir. Nous avons des filles qui peuvent se battre dans pratiquement toutes les catégories du sport automobile. Elles ne sont pas assez nombreuses, c’est certain, d’où toutes les actions que nous menons auprès des jeunes. Avec les programmes FIA « Girls on Track » et « Dare to be Different » de Susy Wolff, nous menons des projets pour des jeunes filles de 8 à 18 ans. Pour nous, le plus important est d’élargir la base. Plus la base est grande, plus la chance de voir émerger de grands talents est importante. Si je prends mon propre exemple, j'ai eu de la chance qu’un constructeur français d’abord, puis italien ensuite m’ait confié une voiture performante quand je courais en Championnat de France des Rallyes. Et c’est pour cela qu'Audi m’a appelé pour le Championnat du Monde. On m’a donné cette chance, et sans elle je n’y serais peut-être pas arrivée non plus. Aujourd’hui, outre Kessel Racing, et l'ACO qui nous sontient beaucoup, nous pouvons compter sur une autre écurie très sérieuse aux Etats-Unis. Nous avons beaucoup avancé en neuf ans. »

Guère fans de la W Series - championnat exclusivement réservé aux femmes utilisant des monoplaces de Formule 3 – qui connaît sa première saison, l’ancienne championne prêche pour la mixité. « C’est une promotion pour les femmes, mais je pense que, lorsque l’on évolue en sport auto, on est capable d’être tous ensemble, souligne-t-elle. Pour moi, être la meilleure, ce n’est pas seulement être la meilleure des femmes. C’est ce que nous essayons de faire à la FIA et notre enjeu est d’avoir beaucoup plus de femmes pratiquant à haut niveau - mais avec les hommes. »

Ce week-end, des spéciales de Sardaigne à la piste du Mans, il y a une liaison directe assurée par Cathy Muller – pilote française de haut niveau dont la carrière s’est arrêtée aux portes de la F1 - qui fait partie de la Commission Women in Motorport et une personne de la FIA. « Elles sont proche du team et me tiennent au courant, conclut Michèle Mouton. Grâce à elles, je suis aussi un peu au Mans ce week-end. Un grand merci à l’ACO de nous soutenir. On a besoin de partenaires de ce calibre pour permettre à nos filles d’aller au plus haut. On a besoin de tout le monde. »

PHOTO : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES DU MANS, 2019. Rahel Frey, Michelle Gatting et Manuela Gostner, les filles de Michèle Mouton ont pour mission de briller la commission Women and Motorsport.