24h Le Mans
13/06/2019 - 18:30

24 Heures du Mans - André Lotterer, le boss de la rébellion !

Triple vainqueur des 24 Heures du Mans (2011, 2012 et 2014), André Lotterer fête cette année les 10 ans de sa première participation. En 2009, il avait livré une course pleine d’intensité lui ouvrant les portes d’Audi Sport. Aujourd'hui, il fait partie des pilotes de référence en LMP1.
24 Heures du Mans - André Lotterer, le boss de la rébellion !

« Le Mans, c’est la terre de mes plus beaux succès ».Lorsqu’on lui demande de raconter ses débuts en terre sarthoise, André Lotterer ne manque pas de mots. « Mes premières 24 Heures du Mans se sont organisées un peu à la dernière minute ». C’est le 8 juin 2009, lors des Vérifications administratives et techniques, que son nom apparait sur la liste des engagés. « Il y avait une opportunité de faire Le Mans avec l’équipe Team Kolles, qui engageait deux Audi R10. A l’époque, Benoît Tréluyer et Loïc Duval (dont il est très proche) me parlaient souvent des 24 Heures du Mans. Ils me disaient que je devrais participer. Alors j’ai saisi cette chance, avec un petit budget, j’ai même mis de ma poche pour être au départ ». La course va se transformer en véritable épreuve physique et morale. Narayn Karthikeyan, un des pilotes de l'Audi, se blesse en sautant le muret des stands avant le départ. André Lotterer est condamné à disputer la course avec son seul autre équipier, Charles Zwolsman.

Ce handicap pousse le pilote dans ses derniers retranchements. A deux, ils terminent à la 7e place, derrière les voitures engagées par les usines. « J’ai pu montrer mon potentiel, ce que je savais faire et surtout que j’étais prêt pour les défis. Après la course, les ingénieurs d'Audi Sport (qui aidaient à superviser l’engagement) m’ont dit qu’il y avait peut-être une place pour moi avec eux dans l’équipe officielle ».

En 2010, André Lotterer se retrouve aux commandes de la R15+. Il termine deuxième. Il voit déjà que Le Mans est une course sur mesure, pour lui. « A l’époque, je faisais de la Super Formula et du Super GT. Je connaissais donc l’exigence de la vitesse avec la monoplace et la gestion de l’endurance avec les GT. Pour moi, le LMP1 était exactement la combinaison des deux, la bonne formule. J’ai compris que Le Mans correspondait à ce qu’il me fallait ».

Lorsque le constructeur d’Ingolstadt décide de basculer sur un concept de voiture fermée - en 2011 avec la R18 TDI - c’est le succès. Aux commandes de l’ultime R18 TDI à livrer bataille contre les Peugeot 908, André Lotterer et ses équipiers Marcel Fässler et Benoît Tréluyer résistent. Leur victoire avec 13'854 d'avance sur la voiture française les fait entrer dans la légende du sport automobile. « Je me suis senti très à l’aise avec cette voiture, je pouvais en extraire le plein potentiel. C’était exceptionnel. Rouler pour un constructeur qui mettait tant de moyens c’était top. Je sais que nous étions privilégiés, nous pouvions faire ce qu’il fallait au bon moment. »

Désormais, avec 11 participations (sans interruption depuis 2009), André Lotterer est le pilote le plus expérimenté de la catégorie. A 37 ans, il est devenu le « boss » et se retrouve dans une posture de leader. L’âge de la sagesse ? « Maintenant, je choisis mes moments pour aller attaquer. Je préfère prendre le temps de faire les choses, de régler correctement ma voiture et ensuite d'aller attaquer. Les « petits jeunes » attaquent tout le temps mais, au final, c’est le même résultat », plaisante le pilote. Avec Neel Jani et Bruno Senna, ils arborent fièrement le #1 sur les pontons de leur Rebellion R13 - Gibson. Pendant 24 heures, à partir de samedi, 15 heures, ils vont mener la chasse aux Toyota. L'occasion d'écrire une nouvelle page de la légende...

PHOTO : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES DU MANS, MARDI 11 JUIN 2019. André Lotterer lors de la séance d'autographes des 24 Heures du Mans. 

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