24h Le Mans
08/02/2019 - 16:00

24 Heures du Mans 1949, une visite présidentielle et une nouvelle tribune de presse

A l'occasion de l'avant-première sur le salon Rétromobile à Paris (6-10 février 2019) par le Musée des 24 Heures d'une exposition à venir consacrée à l'édition 1949, cette série revient sur cette année pas comme les autres, qui voit le retour du mythique double tour d'horloge après une décennie d'interruption. A cette occasion, les 24 Heures du Mans reçoivent pour la première fois un Président de la République en exercice dans une nouvelle tribune de presse, qui abrite aujourd'hui le Club des Pilotes.
24 Heures du Mans 1949, une visite présidentielle et une nouvelle tribune de presse

En 1949, Vincent Auriol, premier des trois Présidents de la République à avoir rendu visite aux 24 Heures du Mans, assiste à l’arrivée de la course dans cette tribune, construite à l'occasion de cette renaissance des 24 Heures. Le rez-de-chaussée, à l’époque constitué de petites stalles, avait été aménagé pour préparer la venue de l’illustre personnage, qui répondait à l’invitation de son Ministre des transports Christian Pineau, sarthois d’origine.

Le premier étage était réservé à la presse, les dirigeants de l’ACO ayant compris dès l’origine de l’épreuve le poids que représentaient les médias (à l’époque essentiellement la presse écrite et la TSF). Ainsi Georges Durand, l’infatigable Secrétaire Général de l’ACO, a été toute sa vie un journaliste à la plume incisive et redoutée, à qui l’on doit entre autres la création de l’Ouest Sportif (organe officiel de l’ACO) et de la Revue de l’Automobile, dont les salons étaient situés de l’autre côté de la piste dans ce qui deviendra le Welcome.

Cette tribune de presse, aujourd'hui connue sous le nom de tribune Singher-Durand, est avec le manoir du Houx le plus ancien bâtiment des 330 hectares de l’enceinte du circuit des 24 Heures du Mans.

Les journalistes de l’époque, qui disposaient de cent pupitres, de dix cabines téléphoniques, de deux cabines radio et d’un bar, se nommaient Georges de Caunes, Georges Briquet, Tommy Franklin, Léon Zitrone... Ces journalistes-stars couvraient tous les grands événements sportifs, bien avant la spécialisation devenue la norme de nos jours.

Les cars de la RDF (Radio Diffusion Française) stationnaient derrière le bâtiment et au Tertre Rouge, une grappe de câbles pendait sur la façade arrière de la tribune qui abritait aussi au rez-de-chaussée le commissariat de police. C’est depuis le premier étage que furent tournées en 1954 les premières images télévisées d’une épreuve sportive et  la première retransmission télévisée d’images prises depuis un hélicoptère Alouette se fit grâce aux relais postés sur le toit de la dite tribune. Ce sont donc deux "premières" que l’on doit aux 24 Heures du Mans.

La question de la survie de cette tribune s’est posée en 2008, lors de la rénovation de la partie haute des tribunes et du Village. Finalement le fait de conserver un exemple de l’architecture des stades de l’après-guerre s’est imposé et, revêtue des couleurs jaune, noir et rouge de Dunlop, cette tribune offre aujourd’hui un cadre très approprié au Club des Pilotes des 24 Heures, cher à Gérard Larrousse, qui a su convaincre les Présidents de l’ACO, Jean-Claude Plassart puis Pierre Fillon, du bien-fondé de la démarche.

Photo (D.R. / Archives ACO) - Elu le 16 janvier 1947 pour sept ans, Vincent Auriol (1884-1966) est le premier Président élu du régime de la IVe République et, le samedi 25 juin 1949, le premier des trois Président de la République en exercice (avant Georges Pompidou et François Hollande) à se rendre sur les 24 Heures du Mans.