Edito
Le mot du président - Juin 2008
dimanche 01 juin 2008 - 15h59
Bras de fer
 
Jaguar-Ferrari dans les années 50, Ford-Ferrari dans les années 60, Matra-Ferrari et Renault-Porsche dans les années 70,
Jaguar-Porsche dans les années 80, Peugeot-Toyota dans les années 90… L’Histoire du Mans s’est écrite au fil de ces années en presse-livres.
De ces face-à-face entre armadas prêtes à tout pour triompher dans la plus belle et la plus dure des courses : les 24 Heures du Mans.
Le duel qui s’annonce pourrait, lui, marquer de son sceau les années 2000.
A ma droite : Audi. Maître incontesté de ce début de millénaire. Six victoires lors des sept dernières éditions.
Invaincu, serions-nous même tentés de dire, si l’on considère que 2003, seule pièce manquante du puzzle, fut une année “stratégique” pour laquelle la maison mère d’Audi
avait décidé de remettre au goût du jour le nom prestigieux de Bentley. En blazer corporate (2000, 2001, 2002), en soutien des écuries privées (2004 et 2005) ou bien encore en pionnier de la technologie diesel (2006 et 2007), Audi a donc toujours dominé son sujet. Oublié sa conjugaison du verbe “perdre”. Au Mans, tout du moins…
Car voici que s’annonce, à ma gauche, toutes griffes dehors et avec une envie de rugir aussi féroce que dans les années 90 : Peugeot. Venu pour apprendre aux 24 Heures 2007, avec une voiture fermée qui avait effectué ses premiers tours de roue six mois plus tôt, le constructeur français avait bien failli réaliser le hold-up du siècle : et il avait fallu la loi du nombre pour Audi (3 contre 2), une pression d’huile au ras de la pipette pour la Peugeot rescapée des dernières heures, pour que la logique sportive soit respectée… à quelques tours près.
Mais le vrai rendez-vous avait toujours été fixé à 2008 par Peugeot… Nous y sommes. Le premier vrai grand choc entre constructeurs mondiaux de ces années 2000.
Et les courses du début d’année sous label Le Mans, sur le continent américain ou européen, ont bien situé l’onde de choc qui risque de parcourir le bitume en cette mijuin.
Peugeot vient au Mans en ordre de bataille, pour commettre un crime de lèse-majesté. Et le Seigneur des anneaux ne sera pas une victime consentante. Le bras de fer peut donc commencer, et les biceps saillir.
Avec la présence des constructeurs français indépendants comme Courage-Oreca ou Pescarolo, un mythe comme Lola qui s’apprête à fêter dignement son cinquantenaire, des bagarres à tous les étages (Corvette/Aston Martin et Ferrari/Porsche en Grand Tourisme), tous les ingrédients sont véritablement rassemblés pour que l’année 2008 nous affiche le plus beau des duels. Et je serais tenté d’ajouter : au soleil. Pas pour le titre du film.
Pour en magnifier les ambiances et les couleurs.



Jean-Claude PLASSART
Président de l'Automobile Club de l'Ouest
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